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Parcours sans frontières

Florence Laro­c­que a toujours une idée qui mijote, même quand elle pose la tête sur l’oreiller. Et ses méninges hyperactives ont des alliés de taille?: sa curiosité insatiable pour l’étranger et son besoin constant de poser des gestes qui ont un sens pour la société.

Aujourd’hui étudiante à la maîtrise en science politique à l’Université de Montréal, la jeune femme originaire de L’Assomption, dans Lanaudière, a un parcours sans frontières. Au cours de ses études collégiales au baccalauréat international (BI) et de ses études universitaires de premier cycle en études internationales, elle a participé à trois projets à saveur humanitaire dans l’hémisphère Sud du continent américain. Un don de soi qui, en retour, lui a permis d’ajouter une profondeur sociologique à ses apprentissages scolaires.

«Dès que j’ai ouvert la première porte, c’est comme si j’avais découvert des occasions illimitées, commente, avec un certain recul, la brunette âgée de 25 ans. Ça m’a permis de me frotter à d’autres réalités, à d’autres façons de penser.»

Un intérêt naissant

C’est en quatrième année du primaire que l’intérêt de Florence Larocque pour les pays étrangers se développe. Des lectures sur la réalité estudiantine du Sénégal et des reportages télévisés sur le continent africain sont à l’origine de ce déclic. La petite fille de neuf ans se met alors à rêver de devenir «l’Émilie Bordeleau de l’Afrique». «Je crois que je regardais Les filles de Caleb au même moment», explique, d’un air amusé, l’étudiante particulièrement douée.

À 18 ans, c’est plutôt du côté du Chili que la jeune femme déjà très impliquée dans son milieu choisit de s’exercer à la coopération internationale. À Caleta Chanabaya, un village de pêcheurs où la mer et le désert se rencontrent, elle participe à un projet local d’écotourisme et collabore à un programme de sensibilisation environnementale.

La pauvreté de visu

Deux ans plus tard, toujours en quête de nouveaux défis, Florence Larocque décide de se joindre à un autre projet. Cette fois, elle met le cap sur Jérémie, en Haïti. Elle passera l’été à animer un camp de jour destiné à des jeunes défavorisés et à composer avec la pauvreté, en compagnie d’autres jeunes Québécois et Haïtiens.

«Par respect pour eux, on n’allait pas dans les quartiers où les jeunes habitaient, sauf si leur famille nous invitait. Les Haïtiens sont des gens fiers», illustre la bénévole dotée d’une grande sensibilité.

Elle se rappelle aussi qu’à l’heure du lunch, les enfants engouffraient littéralement leur dîner, souvent leur seul repas de la journée. Une fois rassasiés, certains avaient le réflexe de cacher de la nourriture pour la rapporter à la maison. Les animateurs devaient les rappeler à
l’ordre pour qu’ils partagent les restes.

«On voyait dans leurs yeux qu’ils étaient affamés. Mais ça ne les empêchait pas d’avoir le réflexe de partager avec leur famille, d’être enjoués, de rêver de devenir médecins ou professeurs plus tard» nuance celle qui étudie maintenant les politiques de lutte contre la pauvreté au Québec et dans l’Union européenne.

Réalité populaire

Le thème de la pauvreté la poursuivra en Argentine, où, dans le cadre de son baccalauréat, elle effectue une session à l’Université Torcuato di Tella, à Buenos Aires, en 2004. Son but initial était d’approfondir ses connaissances sur la politique de l’Amérique latine. «La famille chez qui j’habitais m’a dit?: "Ce que tu cherches, tu ne le trouveras pas à l’université."»

Au bout de quelques semaines, la Québécoise devient bénévole à l’organisation catholique Caritas Argentina. Une aide bienvenue, alors que le pays subit encore les conséquences de la crise économique qui l’a foudroyé trois ans plus tôt.

Florence Larocque se retrouve alors plongée dans la réalité populaire de l’Argentine. Elle sert de la nourriture aux démunis. Elle participe à toutes les étapes de la préparation d’une feria, «l’équivalent d’un marché aux puces de la Saint-Vincent de Paul, qui réinvestit l’argent amassé dans des projets destinés aux moins nantis».

À sa dernière journée de travail à la soupe populaire, un homme très éduqué qu’elle servait lui dit tout simplement : «C’est bien que tu viennes travailler ici, qu’on parle de nos pays respectifs, que les échanges internationaux ne se limitent pas à des relations intergouvernementales.»

«Ce que mes expériences à l’étranger m’ont apporté, je n’aurais pas pu le trouver dans des livres, souligne avec humilité Florence Larocque. Mais au départ, on va à l’étranger parce qu’on a envie de faire une différence. Et dans tout ça, on apprend et on finit par grandir!»

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