Formations à la carte
Avec ses 300 métiers et professions, le domaine de l’économie sociale est aussi vaste que diversifié. Malgré l’existence de quelques formations académiques sur le sujet, il est pratiquement impossible d’établir un parcours type à suivre afin d’occuper un emploi dans ce domaine en pleine ébullition.
De manière très large, l’économie sociale regroupe les entreprises qui respectent certains principes d’équité et de responsabilité : implication locale, respect de ses membres et de l’environnement, démocratisation du processus décisionnel et partage ou redistribution des profits.
«Comme l’économie sociale n’est pas un métier technique en lui-même, il n’existe pas une formation unique à suivre», explique Odette Trépanier du Comité sectoriel de main-d’Å“uvre Économie sociale et action communautaire. «L’économie sociale est un lieu d’innovation, poursuit-elle. C’est quelques chose de très large qu’il ne faudrait justement pas limiter».
La formation académique en économie sociale est marginale. À Montréal, deux programmes de deuxième cycle sont offerts par l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Le premier est un programme de 15 crédits qui s’adresse principalement aux bacheliers en travail social ou en sociologie. Il a pour but de former des gestionnaires et des intervenants au sein d’entreprises d’économie sociale.
Le deuxième programme offert par l’UQAM est une maîtrise en administration des affaires (MBA). Ce programme, qui se donne à raison d’une fin de semaine par mois, vise à rehausser le niveau de formation des gestionnaires déjà en poste au sein d’une entreprise d’économie sociale.
Apprendre par soi-même
Face à une certaine déficience de formation académique, plusieurs entreprises d’économie sociale ont dû chercher ailleurs les formations pertinentes. Les trois cofondatrices du café coop Touski, situé dans le quartier Centre-Sud, ont dû «butiner à droite et à gauche afin de s’outiller adéquatement dans le domaine», explique Catherine Jauzion, l’une d’entres elles.
«Comme notre projet ne correspondait pas à un tout déjà existant, nous sommes allées chercher des formations sur le démarrage d’entreprises, sur le fonctionnement d’une coop et nous avons suivi des cours donnés par les Caisses Desjardins, ajoute-t-elle. Le côté social est venu naturellement, par nos valeurs personnelles», conclut la jeune femme qui a depuis complété une thèse intitulée Entreprenariat et travail dans un commerce engagé.