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Réforme novatrice en pharmacie avec le doctorat professionnel de premier cycle

L’Université de Montréal a entamé, en septembre 2007, d’importants changements dans le programme de pharmacie au premier cycle. Première université canadienne à offrir le Pharm.D., un doctorat professionnel de premier cycle inspiré de ceux des universités américaines, elle emboîte le pas aux autres universités canadiennes qui sont aussi en train de changer leur formation en pharmacie.

Selon Chantal Pharand, vice-doyenne aux études à la Faculté de pharmacie, ces changements étaient inévitables. «On devait déjà faire une mise à jour du programme. En évaluant l’état de la situation en Amérique du Nord et l’état de la pratique des pharmaciens, on a jugé qu’il faudrait ajouter un certain nombre de crédits de formation pratique.» Le programme est donc passé de 14 semaines de stage au bac, uniquement effectuées durant la quatrième année, à 40 semaines pour le Pharm.D., dont 4 semaines par année les 2 premières années et 32 semaines pour la dernière année.

Pour instaurer ces changements, un trimestre a dû être ajouté, pour un total de neuf trimestres en quatre ans. Mme Pharand se fait toutefois rassurante en soulignant que «l’accès à la pratique de la première cohorte ne sera pas retardé», puisque l’internat, autrefois obligatoire après le baccalauréat, est aujourd’hui intégré dans la formation académique. Le problème de pénurie ne sera donc pas accentué par ces changements.

Un programme plus dynamique
En plus d’augmenter le nombre d’heures de stage, le doctorat de premier cycle a voulu rendre l’étudiant plus proactif en laissant tomber les cours magistraux au profit de cours dirigés dans lesquels l’étudiant devra apprendre par lui-même en effectuant plus de travaux pratiques. Selon la vice-doyenne, «c’est un apprentissage beaucoup plus centré sur l’étudiant, où on lui donne du matériel et des outils pour qu’il apprenne de façon plus active et autonome.»

L’apprentissage par compétences a aussi fait son entrée dans les classes de l’Université de Montréal, suivant ainsi la tendance instaurée par la réforme de l’éducation. Ainsi, les étudiants en pharmacie de­vront, au cours de leur formation, acquérir neuf compétences. Six compétences transversales, telles la communication orale et écrite, l’autonomie dans l’apprentissage, l’acquisition d’un bon raisonnement scientifique et d’une bonne pensée critique, auxquelles on ajoute trois compétences spécifiques à la pharmacie, soit être capable de prodiguer de bons soins pharmaceutiques, de gérer les opérations dans une pharmacie et d’être apte à donner des services à la communauté.

Aux dires de Mme Pha­rand, un an après la transition, les résultats sont déjà probants, et les futurs docteurs en pharmacie seront bien outillés pour entrer sur le marché de l’emploi dès 2011.

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