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Celle qui fait rire les malades

Un nez rouge, un sarrau, et Dre Fifi est prête à prendre la route de l’hôpital pour une représentation très spéciale. Comme chaque semaine, depuis plusieurs années, elle va partager son univers clownesque avec des en­fants malades ou des adultes en convalescence.

Comme tous ceux qui exercent le métier de clown thérapeutique, Melissa Holland, qui personnifie Dre Fifi, a une formation en arts de la scène. Cofondatrice de l’organisme Dr Clown (qui emploie présentement 28 clowns), elle possède aussi une formation en enseignement du théâtre et a a appris le b.a.-ba du métier en Écosse.

Un peu d’histoire

La clown-thérapie est née à New York en 1986, avec The Big Apple Circus (programme Clown Care) quand Michael Christensen a eu l’idée de faire intervenir son personnage de clown auprès des enfants en pédiatrie. Puis d’autres initiatives ont essaimé à Vancouver, Winnipeg, Paris et ailleurs en Europe.

Depuis, la demande est grandissante. Constatant les effets bénéfiques, les centres hospitaliers ou les résidences pour personnes âgées font de plus en plus appel à leurs services. «Nous improvisons des scénarios qui permettent à l’enfant ou au patient d’interagir avec nous et d’avoir un contrôle sur le jeu. C’est nous qui avons besoin de son aide et non l’inverse», explique Melissa Holland.

Melissa a toujours ressenti le besoin d’agir sur la condition humaine. Elle retrouve dans ce métier une combinaison de ses deux besoins : pratiquer les arts de la scène et faire de l’intervention sociale. «Ce qui est merveilleux dans l’art clownesque est qu’il permet d’aborder des sujets tabous», fait-elle remarquer. Comme le prouve cette anecdote où Dre Fifi et son partenaire interagissent avec une dame âgée qui se plaint que le Bon Dieu l’a oubliée. «C’est qu’il faut pratiquer la mort,» lui disent-ils, avant de se mettre à imiter des anges et à jouer au Ciel avec elle.

Le personnage de Dre Fifi partage plusieurs points communs avec celle qui l’incarne, même si «ses traits de caractère sont amplifiés», nous rassure-t-elle. Joyeuse, très compétitive, elle en fait souvent un peu trop, ce qui l’amène à faire quelques erreurs qui, on s’en doute, font le bonheur de ses spectateurs et partenaires.

En plus d’un sens artistique évident, être clown thérapeutique nécessite une grande capacité d’écoute. Car c’est le patient qui mène le bal. On doit être respectueux de ses humeurs et attentif à ses propositions. Tout le monde n’est pas fait pour le métier. Les artistes sont d’ailleurs suivis en stage sur le terrain pour observer leurs aptitudes à interagir. «La première fois que j’ai plongé, j’étais très nerveuse, mais on travaillait avec un partenaire et il était plus expérimenté que moi, ce qui a aidé. Aujourd’hui, je peux dire que c’est ma place. C’est là où je me sens la plus heureuse!»

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