Acupuncture : De la lumière au bout du tunnel
Longtemps considérés comme des charlatans, les acupuncteurs ont dû travailler d’arrache-pied afin d’obtenir une certaine reconnaissance. Bien qu’un long chemin ait été parcouru depuis l’arrivée de la pratique au Québec, les acupuncteurs ont encore fort à faire avant de pouvoir crier victoire.
Métro s’est entretenu avec l’acupunctrice et membre du conseil d’administration de l’Association des acupuncteurs du Québec, Lyliane Chauvin, afin de faire le point.
Où en est l’acupuncture au Québec?
L’acupuncture est arrivée ici il y a une quarantaine d’années, mais ça ne fait qu’une dizaine d’années que notre profession est reconnue. En 1994, l’Assemblée nationale a reconnu et légalisé le métier d’acupuncteur et a créé un ordre professionnel.
Notre corporation se base sur le même modèle que celle des médecins et des infirmières. La formation qui mène à la profession d’acupuncteur a aussi été reconnue par le gouvernement. D’une durée de trois ans, cette formation est uniquement offerte au cégep de Rosemont.
En dépit de cette reconnaissance, des préjugés subsistent-ils?
Il y a encore une partie de la population qui pense que les acupuncteurs sont des charlatans. Nous remarquons toutefois que de plus en plus de gens, peut-être 75% de la population, connaissent les médecines chinoises, savent ce qu’est l’acupuncture et ce que ça apporte. L’acupuncture est donc devenue un petit peu plus normale.
Est-ce dire que les Québécois consultent plus régulièrement les acupuncteurs?
Les gens ne pensent pas automatiquement à consulter un acupuncteur lorsqu’ils ont un problème de santé, et ce, même s’ils ont déjà été traités par un acupuncteur. Ça leur prend souvent une longue réflexion avant de considérer l’idée de consulter. Les gens ont encore besoin d’apprendre tout ce que l’acupuncture peut faire. C’est à nous de faire ce travail.
Nous devons parler aux patients et leur expliquer tous les systèmes que nous pouvons aborder, les bienfaits que peut avoir l’acupuncture. Pour les esprits plus scientifiques qui ont plus de doutes, nous pouvons leur montrer que l’énergie et les points d’acupuncture existent et qu’ils ont été reconnus.
Les médecins collaborent-ils davantage?
On ne peut pas encore parler de véritable collaboration. Peu de médecins réfèrent des patients aux acupuncteurs, mais on remarque que les jeunes médecins y sont plus ouverts.
Aujourd’hui, si des patients répondent mal aux médicaments, les médecins ont moins de difficulté à leur recommander l’acupuncture. Il faut dire que les médecins reçoivent de l’information, à leur première année d’études universitaires, sur les médecines alternatives.
Les acupuncteurs ont-ils encore beaucoup de chemin à parcourir?
Il reste toujours du chemin à parcourir quand on veut améliorer quelque chose. La profession est encore jeune, mais on peut dire que la route se fait bien. C’est de plus en plus navigable et de plus en plus confortable.