Recrutement : Autres temps, autres mœurs
Sans tourner le dos aux traditionnels babillards d’emplois et aux affichages de postes dans les journaux, les recruteurs naviguent sur des eaux nouvelles. La vague de départs à la retraite et la diminution constante du bassin de candidats poussent les entreprises à adopter de nouvelles stratégies.
Lorgner les secteurs connexes
Comme l’explique Marcel Bérubé, président de Groupe Perspective, les entreprises apprennent à être plus stratégiques : «On les encourage d’ailleurs à s’intéresser aux secteurs d’activité connexes au leur, c’est-à-dire à s’ouvrir aux candidats qui ont des similitudes avec le profil recherché et qui, en bénéficiant d’une formation complémentaire, pourraient constituer de bons employés.»
Dans le domaine de l’assurance, par exemple, plusieurs entreprises ont compris l’inefficacité de solliciter constamment les mêmes candidats que leurs concurrents.
C’est pourquoi elles élargissent leur bassin de recrutement. Elles s’adressent non seulement aux finissants des programmes d’administration, mais également à ceux des programmes en communication ou aux personnes travaillant dans le secteur du service à la clientèle. Une fois les secteurs connexes ciblés, une entreprise aura généralement recours aux services d’un chasseur de têtes ou encore elle mènera une importante campagne de recrutement destinée à attirer l’attention de la relève.
Montrer son côté branché
Attirer l’attention? C’est exactement ce que fait une entreprise quand elle dépêche dans un pavillon du HEC Montréal un drôle de mannequin, muni d’un écran sur la tête où défilent de multiples possibilités de carrière, pour distribuer des centaines de dépliants d’information.
Le recours aux nouvelles technologies incite d’autant plus les entreprises à rivaliser d’imagination. L’Oréal tient chaque année son e-Strat Challenge pour identifier les talents de demain. Depuis 2000, ce concours, qui consiste à diriger une entreprise virtuelle, a permis au chef de file mondial des cosmétiques de recruter plus de 250 participants issus des quatre coins de la planète pour des emplois dans le domaine du marketing, de la gestion de marque ou de la logistique.
La belle image!
«Maintenant, le but des entreprises est de susciter l’intérêt et de soigner son image à long terme dans le marché, et beaucoup moins de réagir aussitôt qu’un poste se libère», affirme Jean-François Boudreault, copropriétaire de Marc Gauthier et associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement et la sélection de personnel. Si auparavant les annonces promotionnelles dans les journaux servaient de tremplin pour lancer les recherches et assurer de nombreuses réponses, c’est loin d’être nécessairement le cas aujourd’hui.
«Certaines entreprises impliquent leurs employés dans leur stratégie de recrutement, ajoute-t-il. La mode est d’offrir une prime aux employés qui leur référeront une bonne ressource. J’ai vu des employeurs qui offraient des primes allant de 100 à 1 000 $!»
«Recherche activement des candidats… Récompense de 500 $ si vous les trouvez pour nous.» Voilà ce que l’on peut lire sur la page internet du concours lancé en janvier 2007 par IWeb8. Ainsi, cette entreprise spécialisée dans le développement de nouvelles technologies mise sur le réseau de contacts de ses internautes pour l’aider à combler plusieurs postes. À ce jour, trois personnes auraient mis la main sur la fameuse récompense.
Attention, effet de roulement!
Mais avant de se lancer dans de petites ou de grandes campagnes de recrutement, les entreprises doivent réfléchir à leur fonctionnement interne.
«Un taux de roulement de 10 % peut être considéré comme raisonnable, mais
30 ou 40 %, c’est beaucoup trop, signale M. Bérubé. Si tel est le cas, un gestionnaire doit d’abord comprendre les sources d’insatisfaction de ses employés. Est-ce le salaire? L’instabilité des horaires? La surcharge de travail? L’environnement professionnel? En améliorant son entreprise, il perdra beaucoup moins de son personnel et évitera que le processus de recrutement soit constamment à recommencer.»
Cette chronique est un service de Septembre éditeur.