Formation et emplois

Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys: mettre le cap sur l'international

Nathalie Villeneuve - Métro

Avec la moitié de ses élèves originaires de 172 pays, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) n’a aucun mal à prendre une tangente internationale appelée à fleurir encore cette année.

Écoles primaires et secondaires et centres de formation professionnelle et d’éducation aux adultes ont répondu à l’appel, au cours de l’année scolaire 2008-2009, en mettant sur pied 199 projets.

À la fin mai, la CSMB dévoilait les 14 lauréats des premiers Prix d’internationalisation. Les artisans des initiatives les plus inspirantes ont reçu une bourse de 150 $, afin de soutenir de nouveaux projets, pour l’année scolaire qui s’amorce bientôt. L’expérience concrète de deux établissements lauréats fournit un aperçu de cette vague d’ouverture au monde et aux enjeux humanitaires et écologiques.

Plus démunis que soi
À l’école Rose-Virginie-Pelletier, l’internationalisation est au programme depuis six ans. Les quelque 70 jeunes filles de cette école spéciale, établie dans un centre jeunesse, maintiennent un lien étroit avec des enfants libérés de l’esclavage en Inde.

Leurs protégés sont accueillis à la maison l’Arc-en-ciel, créée dans ce pays par l’organisme Aide internationale pour l’enfance, en 2003. «Les filles se sentent très valorisées d’aider», dit Louise Larose, enseignante en arts plastiques et initiatrice du projet. Elles ressentent une sympathie naturelle, envers ces enfants particulièrement éprouvés. «Les cas des enfants là-bas sont dramatiques. Il y a beaucoup d’esclaves sexuels, et nous, on a beaucoup de victimes d’agressions sexuelles.»

Ventes de cartes de Noël, de chocolats de Pâques ou de Saint-Valentin : les moyens pour aider varient d’une année à l’autre. En juin, 750?$ ont été remis à la maison d’accueil.

L’impact dela consommation
Au Centre d’éducation des adultes de LaSalle, Patricia Baril, enseignante en alphabétisation, a puisé son inspiration dans le film d’Edward Burtynsky, Manu­factured Landscapes.

Ses étudiants ont visionné le documentaire, qui jette un regard sur les répercussions de la consommation occidentale sur le travail, l’environnement et les sociétés du tiers-monde. Usines insalubres, cimetières de bateaux et d’ordinateurs où s’activent des armées d’enfants pieds nus sont parmi les images qu’ils ont vues.

Le projet s’articule autour de trois pôles : ateliers, discussions et création, sur les thèmes de la consommation à bas prix, de ses impacts sur les modes de vie traditionnels, et du commerce écologique et équitable. «À l’aide de circulaires d’épicerie et d’une carte du monde, on a réalisé comment ce qui se trouve dans notre panier d’épicerie vient de loin», illustre Mme Baril.

L’année s’est terminée par une dégustation de fruits locaux et exotiques. Une joie pour les papilles, mais surtout une occasion pour les rapprochements culturels.

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