Formation et emplois

Formations professionnelles et techniques: Vers la fin des préjugés?

Noémie Debot-Ducloyer - Métro

Les formations professionnelles et techniques ont longtemps été victimes de préjugés. En 2008, le Québec a créé un Plan d’action afin que les jeunes se dirigent vers ces formations. Métro fait le point aujour­d’hui sur ces programmes.

Dès le secondaire, les élèves sont informés des différents programmes qui s’offrent à eux. Ils peuvent discuter avec des professionnels ou participer à des réunions d’information organisées par les centres de formation professionnelle. «Souvent, les élèves sont sûrs de leur choix, mais les parents préfèrent que leurs enfants aillent à l’université», commente Lucie Martel, directrice adjointe du réseau professionnel.

La situation est semblable du côté des formations techniques au collégial, même si les élèves sont un peu plus vieux. «À l’âge où les jeunes prennent des décisions pour leur avenir, les parents sont très présents. Quand un jeune a un potentiel pour les études, on a tendance à le pousser à aller à l’université», confirme François Dauphin, directeur des études au Collège de Maisonneuve.

Du côté des adultes

Les formations professionnelles et techniques ne sont pas accessibles seulement  aux jeunes. Marc Gravel est retourné aux études à 30 ans. «Je voulais un meilleur métier et un meilleur salaire», ex­plique-t-il. Dans sa promotion, les âges variaient de 20 ans à 40 ans. «Nous étions tous très motivés, nous n’étions pas là pour niaiser», indique Marc. Aujourd’hui, il est mécanicien industriel.

La santé, la construction et l’aérospatiale sont les programmes de formation professionnelle. Un élève sortant de ces formations a plus de chances de se trouver un emploi. Sonia Lebrasseur, à 37 ans, a monté son entreprise de finition de meubles et de boiseries architecturales une fois sa formation complétée. «Ç’a été un défi pour moi de retourner aux études à 35 ans. J’avais des préjugés, car j’avais un diplôme d’université, mais je ne regrette pas mon choix. Maintenant, je fais ce que j’aime», affirme-t-elle.

Les formations professionnelles et techniques deviennent d’autant plus importantes que le Québec manquera bientôt de main-d’Å“uvre. Lucie Martel et François Dauphin s’entendent pour dire qu’il faut continuer de combattre les préjugés afin qu’il y ait plus d’élèves dans ces formations.

Filles demandées
Les filles sont très recherchées dans les milieux le plus souvent masculins comme la construction. On est pourtant encore loin de la parité hommes-femmes dans ces métiers. «Au début, on me demandait de porter des choses trop lourdes pour moi, explique Sonia Lebrasseur, professionnelle de la finition. Une fille dans un milieu d’hommes doit être plus forte.»

Jusqu’au 5 février, le Québec tient chaque année le concours Chapeau les filles, qui vise à soutenir, sous forme d’argent ou de stages, les filles inscrites dans des formations à prédominance masculine.
Pour plus de détails, visitez le site du concours Chapeau.

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