Formation et emplois

La reconnaissance des compétences des nouveaux arrivants en progression

À l’approche du départ massif des bébé-boumeurs à la retraite, les entreprises privées et la fonction publique auront besoin de sang neuf. Cette réalité démographique donne un coup de pouce aux immigrants qui cherchent un emploi.

Tant pour les professions réglementées que pour celles qui ne le sont pas, l’accueil des immigrants s’est grandement amélioré, selon Moussa Guene, coordonnateur en emploi au sein de l’organisme d’aide aux nouveaux arrivants PROMIS. «C’est plus facile qu’avant, affirme-t-il. Plusieurs initiatives ont été prises. Le Québec devra bientôt composer avec une pénurie de main-d’Å“uvre, et les nouveaux arrivants seront prêts à prendre la relève.»

Examens
Pour pratiquer une profession réglementée, il faut posséder un permis délivré par un ordre professionnel. L’obtention de ce document est conditionnelle à la réussite d’examens. D’autres conditions d’admissibilité peuvent également exister.

Les ordres professionnels, le gouvernement et les établissements d’enseignement travaillent en étroite collaboration afin de mieux évaluer les compétences des nouveaux arrivants. «Certains candidats peuvent ne pas comprendre ce qu’on cher­che à évaluer avec nos examens typiquement nord-américains», reconnaît Clau­de Fradette, porte-parole du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles.

Depuis 2004, une trentaine d’ententes ont été signées pour améliorer ces outils d’évaluation. «Tout le monde y gagne, assure M. Fradette. Par exemple, l’Ordre des infirmières et infirmiers a publié un guide pour aider les nouveaux arrivants à mieux se préparer en vue de l’examen. Ce guide est tellement bien fait que les finissants des écoles du Québec l’ont adopté eux aussi.»

Pour nos cousins français qui exercent un métier réglementé, l’Entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, signée l’an dernier, devrait faciliter grandement la tâche. Cet accord permettra l’attestation des compétences acquises dans ce pays. D’ici le 31 décembre 2010, toutes les autorités chargées de la réglementation d’une profession devront avoir ratifié un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) avec leurs homologues français.

Évaluation comparative
Quant aux nouveaux arrivants qui veulent exercer un métier non réglementé, ils peuvent demander une évaluation comparative des études effectuées hors Québec. Ce document officiel indique la valeur d’un diplôme étranger dans le système d’éducation québécois.

Cette évaluation est facultative, mais peut être fort utile. «Ça permet de rassurer les employeurs, ex­plique Claude Fradette. Ils ne con­naissent pas nécessairement les systèmes d’éducation étrangers. Ça leur donne des repères qu’ils comprennent pour évaluer un candidat.»

Le prochain défi est de trouver une manière de reconnaître l’expérience professionnelle acquise à l’étranger, affirme Moussa Guene. «Même s’il est expérimenté, le nouvel arrivant doit
souvent recommencer au bas de l’échelle comme s’il était encore un débutant», déplore-t-il.

Conseils pour intégrer une profession

  • Commencez avant le grand déménagement

Vérifiez si le métier que vous voulez exercer est réglementé. Si c’est le cas, contactez l’organisme responsable de cette réglementation. Vous pourrez ainsi recueillir tous les documents nécessaires avant de partir.

  • Évaluez vos chances de réussite

Passer l’examen d’un ordre professionnel peut coûter des centaines de dollars. Ce montant n’est pas remboursé en cas d’échec. Il est possible que vous ne remplissiez pas les conditions d’admissibilité. Évaluez vos chances de réussite avant de vous inscrire. Vous éviterez ainsi une dépense inutile. Dans certains cas, un refus ne vous empêche pas d’exercer un métier de technicien ou d’assistant.

  • Demandez du soutien

Le Service d’information sur les professions et métiers réglementés est un organisme gouvernemental qui aide les nouveaux arrivants souhaitant intégrer une profession réglementée. Il y a aussi des groupes communautaires comme PROMIS peuvent vous accompagner dans vos recherches.

  • Connaissez la culture du marché du travail

Dan chaque culture, il y a une manière correcte d’aborder un employeur potentiel. Une attitude gagnante ailleurs n’est pas nécessairement appréciée ici. «En France, il est courant de fournir une photo avec son curriculum vitae. Si vous faites ça au Québec, votre interlocuteur vous dira qu’il ne dirige pas une agence de rencontres», lance à la blague Moussa Guene.

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