Carrières en sciences: des astuces pour faire des choix éclairés
Maxime Bergeron possède un baccalauréat en biochimie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, une maîtrise en biologie moléculaire de l’Université de Montréal, un doctorat en chimie de l’Université Laval et a fait stage postdoctoral au Joint BioEnergy Institute en Californie. Au cours de ses études, il a constaté que le monde scientifique était très différent de ce qu’il s’était imaginé. Au point où il a décidé de publier un ouvrage sur la question, intitulé Les Carrières en sciences : astuces pour éviter les pièges.
En introduction, vous expliquez avoir voulu devenir chercheur avant de changer d’idée. Tentez-vous d’éprouver la volonté d’un potentiel chercheur comme vous auriez voulu qu’on le fasse pour vous?
Je crois que pour choisir une carrière en recherche de façon éclairée, tout étudiant doit se baser sur les pour et les contre d’une telle entreprise. On présente généralement la recherche comme un monde de défis stimulants et intéressants, et je crois effectivement que ça l’est. Les aspects plus réalistes de la vie de chercheur sont au contraire peu ou pas expliqués.
Vous affirmez qu’un doctorat «n’impressionne pas les employeurs» et que «malheureusement, la quantité [de Ph. D.] prime parfois sur la qualité». Comment en êtes-vous arrivé à ce constat?
Il faut d’abord comprendre la dynamique entourant le recrutement des étudiants aux études supérieures, dont le doctorat fait partie. Les chercheurs ont besoin de ces étudiants pour tester leurs différentes hypothèses. Afin d’accélérer la recherche, plusieurs pays font en sorte de recruter davantage d’étudiants au doctorat. Le bassin de talents n’étant pas infini, il arrive un point où l’on doit faire quelques compromis sur la qualité des candidats. J’ai constaté à plusieurs reprises, ici comme à l’étranger, que certains étudiants n’auraient pas dû se voir décerner le titre de Ph. D. Plusieurs acteurs du monde de la recherche en sont aussi arrivés à ce constat, même s’ils ne le reconnaîtront pas publiquement.
Certains passages donnent l’impression que les chances de devenir professeur d’université en sciences sont très minces. Est-ce tout de même envisageable?
Il ne s’agit pas seulement d’une impression : les chances de devenir professeur d’université sont très faibles. Pour ceux qui tenteront d’y parvenir, de précieux conseils sont donnés dans le livre, par exemple comment choisir ses directeurs de travaux de recherche ou comment tirer le maximum d’un stage postdoctoral.
Quelle est selon vous LA meilleure astuce à donner à quelqu’un qui songe à faire carrière en sciences?
Avoir un esprit critique et remettre en question l’information qui nous est présentée. Les étudiants ont accès à une multitude de sources d’information, et je crois qu’aucune d’entre elles n’est parfaite. Il est toujours bon de valider l’information auprès de sources indépendantes.
C’est sans doute pourquoi vous avez choisi de consacrer un chapitre entier aux sources d’information à consulter…
Il était important de bien décrire les sources d’informations afin de donner aux lecteurs les outils pour faire des choix éclairés. Plutôt que référer les lecteurs à une multitude d’autres sources, l’information y est rassemblée de façon concise et pratique. [Ce chapitre] peut s’appliquer à tous les domaines d’emploi. Des gens intéressés par d’autres domaines que les sciences naturelles peuvent donc tirer profit de ce livre.