Formation et emplois

Équité salariale : 44 % des entreprises en retard

Treize ans après sa promulgation et à un an de la nouvelle échéance, près de 44 % des entreprises québécoises de plus de 10 salariés n’auraient toujours pas réalisé l’exercice d’équité salariale. Entretien avec Louise Marchand, présidente de la Commission de l’équité salariale.

En quoi consiste cette loi?
Il s’agit de vérifier s’il y a une discrimination à l’égard des emplois féminins. Au départ, les entreprises de plus de 10 personnes devaient réaliser un exercice d’estimation au plus tard en novembre 2001. En 2006, seulement 50 % des entreprises avaient fait ce travail, et le législateur avait donc donné un nouveau sursis, soit jusqu’au 31?décembre 2010.

Les entreprises confondent égalité salariale et équité salariale, dites-vous…
Oui. L’égalité salariale, c’est payer une réceptionniste au même salaire qu’un réceptionniste. Mesurer l’équité salariale, c’est, par exemple, comparer au sein d’une même entreprise le poste féminin de réceptionniste avec un emploi masculin équivalent, comme celui de camionneur. Si ces deux emplois ont la même valeur et que le salaire de la réceptionniste est moins élevé, l’employeur doit payer rétroactivement la différence en remontant jusqu’à 2001. On trouve ces écarts dans une entreprise sur trois et les montants d’ajustement peuvent varier de 2 % à 14 %
du salaire.

Mis à part Desjardins, qui manque encore à l’appel?

Les entreprises ne sont pas tenues de déposer un rapport à la Commission, alors c’est difficile à dire. Mais cela pourrait vraisemblablement changer dès l’année prochaine. Les entreprises pourraient alors devoir fournir une déclaration indiquant si elles ont réalisé et assuré l’équité salariale. Celles qui n’auront pas respecté le délai du 31 décembre risqueront de se faire imposer, en plus du paiement rétroactif avec intérêts des ajustements, une indemnité additionnelle.

Articles récents du même sujet