Formation et emplois

Prendre son envol jusqu'à Montréal

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail.

Andreea Predescu gagnait bien sa vie et celle de sa fille de sept ans à Craiova, en Roumanie, mais elle a décidé de venir jusqu’à Montréal pour vivre de nouvelles aventures. «La vie n’a pas été trop dure pour ma famille et moi en Roumanie, même pendant la dictature. Cependant, j’avais envie de changer de vie, de découvrir de quoi j’étais capable.»

Séparée de son conjoint depuis quelque temps, elle n’avait pourtant pas songé à venir s’installer au Canada. Ce sont des amis, eux-mêmes en voie d’émigrer, qui l’ont incitée à le faire. L’idée a fait son chemin. Pourquoi ne pas tout recommencer ailleurs? Elle ne parlait ni anglais ni français, mais ça ne l’a pas arrêtée.

Avec difficulté, elle a appris suffisamment de français pour réussir l’entrevue de l’ambassade et venir vivre au Québec. Entre-temps, ses amis avaient plutôt décidé d’habiter à Toronto, mais, grâce à la communauté roumaine présente à Montréal, Andreea est quand même partie en direction du Québec. En 2004, elle a pris l’avion pour la première fois et a atterri au pays. «Par l’internet et mes contacts, j’avais fait connaissance avec une Roumaine, monoparentale comme moi. Elle m’a aidée à m’installer.»

Pas facile de trouver du boulot

Avec son expérience de 10 ans en comptabilité, Andreea s’attendait à ce que ce soit plus facile de trouver du travail. Elle a vécu des jours d’angoisse. Elle a dû d’abord suivre quelques mois de formation pour améliorer son français, mais l’expérience s’est avérée très positive.

«L’école a été une merveille. J’ai eu de bons professeurs et ça m’a fait connaître la culture d’ici. On nous a montré des films québécois qui m’ont beaucoup touchée. C’est aussi avec ces professeurs que j’ai goûté à mon premier épi de blé d’Inde!» Après quelques mois, elle s’est trouvé du travail dans le domaine de la saisie de données, puis comme commis à la facturation dans une entreprise appartenant à Toshiba. « J’avais une fille à nourrir. Il fallait que je travaille!» Le temps passé là-bas lui a permis d’améliorer son français, puis elle est venue travailler chez Deloitte comme administratrice de la facturation.

Pour travailler comme comptable, elle devait selon tous obtenir un nouveau diplôme ici, aux HEC. «Je n’avais pas envie de refaire ce que j’avais déjà fait. J’ai donc plutôt décidé de suivre un cours de gestionnaire à l’Association canadienne de la paye et j’ai aussi commencé un certificat en ressources humaines. J’aime beaucoup ça. Je vais bientôt occuper un poste de technicienne à la paye externe et j’ai hâte!»

Partout où elle est allée, les gens l’ont encouragée, et sa fille, qui a maintenant 14 ans, s’est très bien adaptée tant à la langue qu’à la culture. Elles font maintenant partie d’une famille reconstituée, puisque An­dreea s’est remariée avec un Québécois originaire de Baie-Comeau. «Je veux dire aux gens, et aux femmes en particulier, d’oser! De ne pas rester dans une situation qui ne leur plaît plus. Tu peux trouver les ressources en toi. Vas-y, tu vas apprendre, essaie! Et il ne faut pas regarder en arrière. Moi, j’ai regardé vers l’avant et autour de moi. Il y a plein de choses à découvrir ici!»

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