Formation et emplois

Parcours Roumanie Québec

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail.

Les derniers mois ont été fertiles en nouveautés et en émotions pour Florin Alin Boboc. Un bébé est arrivé dans sa vie en même temps qu’un nouvel emploi. Parti de Roumanie, de la ville montagneuse de Caransebes, pour Montréal en mars 2007, il a aussitôt fait sa demande de résidence permanente, est retourné épouser sa dulcinée en Roumanie et est revenu avec elle ici. Il sera citoyen dans un an environ.

«C’est avant tout par curiosité que je suis venu ici et parce que mes amis, qui résidaient déjà au Canada, m’ont incité à venir. J’ai fait les démarches, obtenu mon visa pour un an et je me suis dit que si ça ne fonctionnait pas pour moi à Montréal, je n’aurais qu’à revenir en Roumanie. Mais voilà, après 3 ans, j’y suis toujours!»

Il a d’abord suivi durant plusieurs mois un cours de français pour les immigrants, même s’il avait déjà les connaissances de base de la langue. «Pour moi, c’est très important de parler la langue des gens avec qui j’habite. Si j’étais en Chine, j’apprendrais le chinois. Au Québec, c’est le français que je dois parler, tout simplement.» Même s’il travaille beaucoup en anglais en ce moment, il avoue que la langue française est plus facile à apprendre pour un Roumain, car elle a les mêmes racines latines.

En 2008, il a décroché un premier emploi dans son domaine, l’informatique, dans une petite boîte de design web. «Ce qui nuit à l’immigrant quand il arrive ici, c’est qu’il n’a pas d’expérience de travail canadienne, pas de références d’ici. Il faut généralement commencer à travailler dans de plus petites boîtes et, ensuite, on peut espérer décrocher un emploi dans une plus grande entreprise.» En janvier 2010, il obtient un poste de consultant chez CGI, presque au même moment que nait son premier enfant.

«C’est un peu difficile, loin de la famille. Mes parents et mes trois soeurs habitent toujours en Roumanie, de même que la famille de ma femme. Là-bas, les parents et grands-parents aident beaucoup, mais ici, on doit se débrouiller sans eux.» Comme beaucoup d’immigrants, la famille à Florin Alin Boboc manque beaucoup, mais pour lui, ça semble être le seul inconvénient.

Il n’a pas ressenti de grand choc en venant ici, peut-être, pense-t-il, parce qu’il avait étudié aux Pays-Bas et qu’il avait donc l’expérience de l’éloignement et des différences culturelles. Il connaissait aussi la neige et le froid, comme il vient d’une région montagneuse, même si ici, c’est plus intense. Il était adepte de ski et continue d’en faire régulièrement à Bromont.

Il considère qu’il a une meilleure qualité de vie au Québec que dans son pays natal. La situation économique est meilleure ici, mais, de plus, il y a moins de corruption, croit-il, et il trouve les mentalités différentes, plus ouvertes. « Une des choses qui m’a étonné à mon arrivée ici, fut de voir les gens attendant sagement en ligne l’arrivée d’un autobus. Chez moi, on est moins poli. Je préfère le civisme qui se pratique ici. Aussi, le service à la clientèle est différent. Quand on sert un client ici, on est souriant et chaleureux. Je suis plus à l’aise avec cette attitude.»

De retour d’un séjour à New York, où il allait pour son nouveau travail, il dit préférer nettement Montréal. « Là-bas, on dirait que les gens travaillent tout le temps! Moi, je veux vivre et voir ma famille! Ici, j’ai cette qualité de vie-là.»

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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