Formation et emplois

Magasiner un pays sur le net

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Léonardo Gomez

Leonardo Gomez vivait à 45 km de Caracas, au Venezuela, et travaillait depuis 15 ans dans l’informatique quand sa femme et lui ont décidé d’aller vivre au Canada. La situation politique de leur pays et le désir de vivre dans un climat plus sécuritaire les ont incités à choisir l’immigration. Et c’est sur l’internet qu’ils ont magasiné leur pays! «Nous voulions un endroit où on ne craindrait pas pour notre sécurité personnelle et où on pouvait espérer un avenir meilleur pour notre famille à venir.»

Le Canada et l’Australie avaient, selon Leonardo, une politique d’immigration qui leur convenait, mais le Canada était plus près de leur pays d’origine, où leur famille habite toujours. De plus, le Montréal multiculturel et bilingue les attirait. Ils n’étaient jamais venus dans cette ville avant et ils se sont beaucoup renseignés via le web avant de prendre leur décision. Ils consultaient les forums où des gens en voie d’immigrer ou habitant déjà la ville parlaient de leur expérience, ainsi que le site municipal détaillant les différents services et activités offerts.

En 2005, ils ont déposé leur demande et ont obtenu leur permis de résidence deux ans plus tard. En août 2007, ils prenaient un aller simple pour Montréal. «Une fois la décision prise, il n’était pas question pour nous de retourner en arrière.» Bien sûr, les plages, la chaleur et la famille manquent parfois à Leonardo, mais il ne s’ennuie pas des cinq heures de trafic par jour qu’il devait subir pour aller travailler à Caracas!

La première année en est une de transition pour tous les immigrants. Ce ne fut pas différent pour Leonardo. Son temps était partagé entre les cours de français (même s’il avait des rudiments de la langue à son arrivée) et le bénévolat. Il s’est également trouvé un travail à temps partiel, trois mois après son arrivée. Pour lui, il était important d’acquérir de l’expérience en milieu montréalais. «C’est sûr que l’informatique, c’est pareil dans tous les pays, mais quand on immigre, il nous manque l’expérience de travail et les références. Le bénévolat et le travail à temps partiel, même si ce n’est pas dans notre domaine, permettent à la fois de se créer un réseau et de prouver qu’on est fiable et responsable. C’est aussi une autre façon de s’intégrer.»

Sa femme a trouvé un boulot dans son domaine, le travail social, au bout d’environ un an et il a lui-même fini par retrouver, chez CGI, exactement le même travail qu’il faisait au Venezuela : administrateur de système. Plutôt que de se décourager, ils ont profité de leurs temps libres au début pour visiter et apprendre à connaître le Québec. Ils ont gardé l’habitude de voyager la fin de semaine dans différents coins du Québec. «Ma voisine, une Québécoise née ici et qui fait souvent la surveillance de notre logement en notre absence, dit que l’on connaît sans doute mieux le Québec qu’elle!»

Et la famille va bientôt s’agrandir puisqu’ils attendent l’arrivée de la cigogne en juin…

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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