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Étudier à l'étranger, cours 101

Chaque année, des centaines de jeunes partent effectuer un échange universitaire d’une session ou d’une année à l’étranger. Pour certains, ces échanges sont une occasion de faire un nouveau voyage, tandis que pour d’autres, ils représentent la première occasion de sortir de leur cocon familial.

  • À quoi faut-il penser?

Définir ses objectifs
Comme dans toute orientation de carrière, il n’est pas inutile de contacter le professeur en charge de son département, un conseiller d’orientation ou un organisme soutenant les projets étudiants afin de bien définir ses objectifs et de connaître les meilleurs moyens de les réaliser. Il faut commencer par savoir si l’on souhaite partir une année complète ou une session. «Quand les étudiants partent pendant un an, il est plus facile pour eux de s’adapter et de s’intégrer, d’autant plus que les ho­rai­res de cours sont souvent différents à l’étranger, de même que les dates de dé­but et de fin de session, rappelle Sylvie Jutras, directrice adjointe des programmes de psy­cho­­logie en 1er cycle à l’UQAM. Toutefois, certains étudiants préfèrent partir six mois pour des raisons monétaires ou à cause de leur contexte familial.»

Choisir le meilleur moment pour partir
«Durant la première année d’un bac, les échanges ne sont pas autorisés, et durant la troisième année, c’est plus difficile, car il faut absolument remplir les exigences de son programme pour le valider à temps, fait valoir Sylvie Jutras. Je conseillerais donc aux étudiants de partir durant leur deuxième année afin de conserver un certain laps de temps pour valider tous les crédits dont ils auront besoin pour terminer leur program­me. On peut aussi partir à la maîtrise ou au doctorat, mais c’est beaucoup moins simple.»

La préparation
Si les universités d’ici effectuent une grande partie des démarches auprès des universités étrangères, il est nécessaire d’entrer en contact avec le professeur responsable de son département afin d’établir un projet d’études avec lui. «Il n’est pas toujours facile de trouver des équivalents aux programmes québécois à l’étranger. En France, par exemple, les crédits sont beaucoup plus morcelés; il faut donc prendre plus de crédits ECTS (European Credits Transfer System) pour valider un crédit au Québec», met en garde Sylvie Jutras. Dans tous les cas, les universités conseilleront aux étudiants de préparer leur voyage au moins six mois ou un an à l’avance, le temps de s’occuper des formulaires administratifs et de vérifier s’ils sont admissibles à une bourse auprès, notamment, du gouvernement du Québec ou de leur université.

La connaissance de la langue
Si les départs à l’étranger sont souvent l’occasion de perfectionner une langue, avoir des connaissances de base de la langue parlée dans le pays hôte est un préalable essentiel pour pouvoir étudier ailleurs. «Tous les étudiants qui partent ont une bonne maîtrise de la langue de leur pays d’accueil, affirme Judith Beaulieu, coordinatrice des services aux étudiants à la Maison internationale de l’UdeM. Mais ce qui m’épate, c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes qui maîtrisent des langues peu connues comme le suédois, le danois, le russe… C’est exceptionnel!»

Trouver son logement
Dans certains cas, des logements sont disponibles sur le campus d’accueil, tandis que dans d’autres cas, l’étudiant doit trouver son logement par lui-même. «Dans des villes comme Paris, les étu­diants bénéficient d’aide, car la municipalité accorde une subvention pour l’accueil des étudiants étrangers», souligne Sylvie Jutras. Mais ne pas avoir de logement sur le campus comporte aussi son lot d’avantages. «C’est l’occasion d’expérimenter un nouveau mode de vie, de choisir une résidence plus ou moins proche du campus et d’étudier à la bibliothèque», fait valoir Mme Jutras.

Attention au syndrôme Erasmus
Selon Xavier Déry, étudiant en anthropologie à l’Université de Montréal, les étudiants doivent veiller à ne pas tomber dans ce qu’il appelle «le patern Erasmus», c’est-à-dire se retrouver seulement entre étudiants internationaux dans les bars, sans sortir de la ville. Il est aussi important d’aller à la rencontre des habitants locaux… «Quand j’étudiais à Stockholm, je suis aussi allé visiter de petits villages suédois et j’ai appris un peu cette langue», raconte-t-il.

De nouveaux horizons
Les étudiants qui ont effectué un échange à l’étranger sont souvent transformés à leur retour… et prêts à re­met­tre le couvert. «Cela m’a donné envie d’explorer plusieurs endroits au monde avant de m’établir, car je ne suis pas sûr que le meilleur endroit pour moi se situe juste à côté de chez nous», affirme Xavier Déry, qui songe déjà à effectuer sa maîtrise au Mexique.

Quelques ressources qui peuvent aider :

  • les universités
  • les associations étudiantes
  • les programmes d’aide à la mobilité étudiante (OFQJ, OQAJ, OQWBJ, etc.)


Les avantages

  • «Que ce soit sur le plan professionnel ou personnel, il existe de nombreux avantages à faire un échange à l’étranger», affirme Emery Delmotte, vice-président du réseau étudiant AIESEC HEC, qui s’occupe de coordonner les échanges et les stages à l’étranger des étudiants des HEC. «Ces voyages permettent de faire valoir plusieurs points positifs à son retour, à savoir une ouver­ture d’esprit et d’idées, la connaissance d’une langue étrangère et parfois même une expérience dans les pays en développement.»

  • Ce type de séjour amène l’étudiant à acquérir plusieurs qualités, telles qu’un sens accru des responsabilités et de l’organisation, de l’autonomie, une meilleure gestion du stress et des aptitudes à prendre des initiatives.
  • «En évoluant dans des situations différentes, les étu­diants deviennent plus débrouillards et plus matures, et ils se connaissent davantage», estime Judith Beaulieu, coordinatrice des services aux étudiants à la Maison internationale de l’UdeM.

Les inconvénients

  • «L’éloignement, l’adaptation culturelle à un nou­veau milieu, à une nouvel­le langue et le coût de la vie dans un pays étranger sont les principales dif­ficultés à considérer, estime Marilyne Poliquin, chargée de communi­ca­tions à l’Office franco-québécois de la jeunesse (OFQJ), qui propose des prestations d’aide aux étudiants voyageurs. Mais une fois le choc culturel passé, la contribution à la formation prend le dessus.» Pour ceux qui auraient sous-estimé l’importance de bien calculer le nombre de crédits obtenus, le risque est aussi de devoir faire une session de plus pour compléter leur programme initial.
  • Pour d’autres, le plus difficile peut être de gérer une relation à distance, com­me en témoigne Xavier Déry, qui est parti durant une ses­sion à Stockholm l’année dernière. «Dans tous les cas, l’élève est amené à faire des compromis et des sacrifices», affirme Sylvie Jutras, directrice adjointe des programmes de psy­cho­­logie en 1er cycle à l’UQAM.

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