Surplus de poids: l'inactivité au travail au banc des accusés
Si la plus grande consommation d’aliments, la malbouffe, le temps passé devant un téléviseur ou un ordinateur et le manque de loisirs actifs ont tour à tour été montrés du doigt comme causes de l’épidémie d’obésité, la sédentarité au travail est désormais au centre de l’intérêt des chercheurs.
Selon une étude sur l’activité physique au travail menée aux États-Unis, il y a 50 ans, la moitié de tous les emplois nécessitaient un effort modéré, comparative-ment à seulement 20 % aujourd’hui. Les emplois liés à la production de biens, c’est-à-dire dans les domaines de la manufacture, de la construction et de l’agriculture, de même que l’exploitation forestière et minière ont perdu du terrain par rapport aux emplois dits de service. Selon les chercheurs, cette transition s’est traduite par une dépense énergétique quotidienne moindre d’environ 100 calories.
Or, cela explique en grande partie la hausse du poids moyen des Américains observée au cours de 50 dernières années, notent les auteurs. Les chercheurs croient que, pour compenser cette diminution des dépenses énergétiques, les autorités devraient promouvoir les loisirs actifs.
Carl-Étienne Juneau consacre son doctorat en santé publique, qu’il effectue à l’Université de Montréal, à cette question. Les résultats de l’étude en question sont similaires à ceux de ses propres recherches dans la mesure où, comme aux États-Unis, on note ici une diminution marquée de l’activité physique au travail. «Les Canadiens font en moyenne 30 minutes par jour d’activité physique durant leurs loisirs, soit un peu plus que les Américains. Ils sont eux aussi de moins en moins actifs au travail, auquel ils consacrent environ huit heures par jour. Le bilan, c’est moins d’activité physique quotidienne, puisque le travail occupe toujours plus de place dans l’horaire. L’activité physique totale serait donc en baisse, d’où l’épidémie d’obésité observée», explique M. Juneau.