Faire le saut
Pour certains étudiants, la rentrée scolaire sera synonyme d’une nouvelle étape dans leur parcours académique. Afin de mieux comprendre leurs choix et leurs attentes, Métro a interrogé des jeunes – et des moins jeunes – qui s’apprêtent à vivre une transition scolaire.
- Nicolas Théberge
Suivre sa passion malgré la maladie
Quatre ans après avoir terminé ses études secondaires, Nicolas Théberge a décidé de consulter un conseiller d’orientation spécialisé auprès des personnes souffrant d’un handicap. À cause du spina bifida dont il est atteint, Nicolas éprouve de sérieux problèmes aux jambes et au dos. Il ne peut donc pas exercer n’importe quel métier.
«À la suite de mes rencontres avec le conseiller, j’ai opté pour un cours en animation 3D et effets spéciaux pour jeux vidéo», indique le jeune homme. Qu’est-ce qui a motivé sa décision? «Je suis un passionné de jeux vidéo. Ce qui me rebutait, c’était la durée du cours d’animation. Mais j’ai réussi à trouver un endroit où la formation dure un an plutôt que trois.» Le hic, c’est qu’il en coûte environ 6 000 $ pour suivre l’AEC en animation et effets spéciaux à l’Institut Grasset, l’école qu’a choisie Nicolas. «Heureusement, à cause de ma maladie, je pourrai bénéficier d’une aide spéciale du gouvernement. Autrement, je n’aurais pas eu la chance de suivre ma passion», reconnaît-il.
- Jean-Philippe Verreau
Retour aux études
Après avoir travaillé pendant deux ans comme avocat dans un petit cabinet, Jean-Philippe Verreau avait besoin de nouveaux défis. À 27 ans, il a donc décidé de retourner sur les bancs d’école à temps plein pour compléter une maîtrise en fiscalité à HEC Montréal.
Pourquoi réorienter ainsi sa carrière? «En tant qu’avocat, je faisais surtout du litige, ce qui implique un rapport adversatif avec les autres. Avoir à se battre tous les jours pour obtenir gain de cause, c’est un défi stimulant, mais aussi très exigeant. J’aimerais mieux me diriger vers la planification, ce que me permettra la fiscalité», explique-t-il.
Même s’il a très hâte d’entamer sa «nouvelle vie», comme il dit, le jeune homme sait qu’il n’a pas choisi la facilité. «C’est un cours très ardu. Mais ce qui me stresse le plus, ce sont mes finances, parce que je ne pense pas pouvoir travailler avec toute cette charge de travail qui m’attend. Or, je viens d’acheter un condo… Mais bon, qui ne risque rien n’a rien!» philosophe-t-il.
- Olivier Dion
Indécis, mais serein
Son diplôme d’études collégiales en administration en poche, Olivier Dion s’est inscrit dans le même domaine à l’Université Laval. Mais bien que les cours commencent dans quelques semaines, ce grand sportif n’est pas encore tout à fait certain d’avoir pris la bonne décision.
«Au cours des derniers mois de ma formation collégiale, j’ai appris à mieux connaître et apprécier certaines branches du milieu, comme le marketing ou la gestion. Malgré tout, je compte profiter de ma première session universitaire pour valider mon choix», confie le jeune homme.
Malgré son indécision, Olivier ne s’en fait pas outre mesure. «La pire des choses qui puisse m’arriver, c’est de me rendre compte que je ne suis pas vraiment fait pour l’administration. Mais même dans ce cas, ce que j’aurai appris me servira toute ma vie», lance-t-il, très zen. Et s’il abandonne l’administration, vers quoi aimerait-il se réorienter? «L’architecture m’intéresse aussi. Mais une chose à la fois!» répond-il.