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Études à l'étranger: destinations dangereuses

Le Mexique est connu pour la violence qui y sévit. Des bombes explosent régulièrement à Jérusalem. Haïti se reconstruit lentement. Nous nous sommes penchés sur les risques et les avantages que les étudiants courent en se rendant dans ces régions du globe.


  • Découvertes culturelles à Oaxaca

Originaire d’Oaxa­ca, dans le sud du Mexique, Yolanda Garcia enseigne l’espagnol et la culture oaxacane aux étrangers depuis 26 ans. Son école d’immersion, l’Instituto de Comunicacion y Cultura (ICC), est située à quelques pâtés de maisons du centre de la ville. «Nous accueillons des enseignants et des professeurs en sabbatique, des professionnels et des étudiants, énumère-t-elle. Tous ceux qui veulent apprendre.»

La violence au Mexique fait les manchettes, en particulier depuis l’année passée. Avez-vous remarqué une baisse du nombre d’étudiants?
Malheureusement, oui.

Dans le sud, y a-t-il autant de violence que dans les villes-frontières?
Pas vraiment aussi loin au sud. Vous pouvez vous balader, manger, danser ou lire dans un parc sans inquiétude. Oaxaca est une ville tranquille, comme la plupart des villes situées au sud du pays.

D’où viennent vos étudiants?
Nous accueillons des étudiants de partout : Australie, Japon, Angleterre, Norvège, Suède, Suisse, Inde, Irlande, Brésil, Canada, Nigeria, États-Unis, Israël, Turquie, Russie, Écosse, etc.

Quels ont été les chocs de culture les plus frappants?
Une fois, une Américaine est entrée dans mon bureau pour s’inscrire. Elle m’a dit en espagnol qu’elle était très contente d’être à Oaxaca pour observer les oiseaux, sauf qu’en voulant traduire sa pensée, elle a plutôt accidentellement affirmé qu’elle était sexuellement excitée de voir le sexe des hommes. Les Mexicains qui l’ont entendue ont tous éclaté de rire!

  • Reconstruire Haïti

En Haïti depuis 2001, la Foundation for Children in Need (FFCIN) a vu son rôle prendre de l’importance après le tremblement de terre de janvier 2009. L’organisme sans but lucratif fournit des vivres aux personnes dans le besoin, éduque les divers intervenants et se bat pour plus de transparence entre les orphelinats et les organisations humanitaires.

Rebecca Maesato, directrice de la FFCIN, accueille des bénévoles et des étudiants des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et du Guatemala. «C’est important que nos bénévoles apprennent la patience, la compassion et le don de soi», croit-elle.

Quand les gens pensent à Haïti, l’image de la dévastation et du choléra s’impose. À quel point est-ce sécuritaire de s’y rendre?
Se protéger du choléra est assez simple une fois que vous savez quoi faire. Nous fixons des standards de propreté élevés dans nos maisons d’hôtes, alors le risque est minime pour nous. De plus, le choléra tend à diminuer à travers Haïti.

Comment les étudiants se sentent-ils lorsqu’ils voyagent dans un endroit dangereux?
Nous répondons à toutes les questions qu’un bénévole potentiel pourrait se poser. De plus, nous donnons des indications claires sur le comportement sécuritaire à adopter.

Comment les protégez-vous?
Nous logeons dans des habitations sûres et nous voyageons avec de jeunes locaux qui ont pour mandat d’assurer notre sécurité. Le plus important, c’est d’utiliser le gros bon sens. Il est primordial de rester avec ceux qui connaissent la culture et qui peuvent déceler les signes de danger. Nous ne mettons pas les bénévoles dans des situations plus dangereuses que les nôtres. La plupart veulent revenir.

  • Confessions d’une étudiante expatriée

Leigh Nannini Rivas, 29 ans, Cornwall, New York; a étudié en mer en 2002 (grâce au programme Semester at Sea).

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier en mer?
Je cherchais quelque chose d’exotique. Ce programme permet à plus de 600 étudiants de partir en bateau et de découvrir 10 pays (dans mon cas : le Japon, la Chine, Hong Kong, le Vietnam, la Malaisie, l’Inde, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Brésil et Cuba). Nous accostions à chaque port quelques jours.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour vous?

La pauvreté que nous avons vue. Ça brisait le cœur. En Afrique du Sud, quelqu’un de notre groupe s’était pris d’affection pour un petit garçon et lui avait donné une ba­na­ne. Quand les ados du village s’en sont aperçus, ils l’ont battu jusqu’à ce qu’il leur donne le fruit.

Avez-vous vécu des mésaventures farfelues?

Durant notre dernière soirée au Japon, où nous devions supposément aller à un karaoké, un ami et moi avons fini en prison. C’est une histoire très longue et très bizarre qui s’est déroulée dans un taxi. Le chauffeur avait fini par nous traiter de criminels parce que nous ne voulions pas payer 999 $ pour la course.
 

***

Zones risquées

  • Israël
    La fondation Taglit-Birthright Israel offre des voyages éducatifs de 10 jours gratuitement aux jeunes juifs âgés de 18 à 26 ans provenant de partout dans le monde. Ils travaillent avec des gardes de sécurité, évitent les transports en commun et ne se rendent pas dans les régions à risque comme la Cisjordanie.
  • Japon
    Depuis le tremblement de terre et le tsunami, certaines écoles ont réévalué leurs programmes. Des institu­tions américaines ont annulé leurs activités le printemps et l’été derniers.

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