Certificat en criminologie: bien loin des clichés de séries télévisées
Lorsqu’on demande à Fabienne Cusson, responsable du programme à l’UdeM, de décrire la criminologie, elle préfère commencer par préciser ce que ce n’est pas. «Cette formation ne permet pas de devenir un expert comme ceux de CSI, le contenu du programme est bien plus psychosocial que porté vers les analyses d’ADN. Pour ça, il vaut mieux étudier la criminalistique», dit-elle.
Pour ceux dont le rêve est de devenir profileur, là non plus, cette formation n’est pas la bonne : «Il y a peut-être deux profileurs dans tout le Canada, alors ce n’est pas vraiment une profession accessible», précise Mme Cusson. Enfin, que ceux dont l’ambition est de devenir policier ou avocat criminologue passent également leur chemin : les premiers devraient suivre le programme Techniques policière au collégial et les seconds, aller en droit.
Mais alors, qu’est-ce que la criminologie? «Cette discipline se situe à l’intersection de plusieurs domaines : le droit, l’anthropologie, la psychologie et le travail social. Durant le programme, on donne aux étudiants des outils pour analyser ou poser un diagnostic sur une situation complexe en lien avec le crime. Il y a un équilibre entre la théorie et le pratique», explique Fabienne Cusson.
Ce programme d’une durée d’un an (à temps plein) s’adresse aussi bien à des personnes en emploi, souvent des travailleurs sociaux auprès de personnes incarcérées ou en réinsertion qui veulent se spécialiser, qu’à des étudiants en psychologie, en droit ou en travail social qui veulent élargir leurs compétences.
Les débouchés sont très divers et permettent de travailler dans les services correctionnels du Canada ou du Québec, mais aussi auprès de jeunes ou d’adultes en prévention ou en réinsertion sociale, en maison de transition ou encore travailleurs de rue.
Ce certificat demande une bonne implication et beaucoup de travail personnel, car la charge de travail se compare davantage à celle d’un baccalauréat qu’à celle d’un certificat classique. Les stages ne sont pas prévus dans l’année, car beaucoup d’étudiants ont déjà fait du terrain avant de s’inscrire.
«Pour ceux qui n’ont pas cette expérience, je leur conseille fortement d’aller faire de l’intervention, conclut Fabienne Cusson. Il faut aller voir tôt si on a la trempe pour travailler dans ces milieux.»