Pharmaciens d'hôpitaux recherchés
Chaque année, une soixantaine d’étudiants obtiennent un diplôme en pharmacie d’hôpital. Or, selon l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES), il faudrait en former près de deux fois plus pour répondre à la demande. «Notre province souffre d’une importante pénurie de pharmaciens d’hôpitaux depuis plusieurs années. De 16 % en 2006, elle est maintenant passée à 20 %», affirme Charles Fortier, président de l’APES. Toutes proportions gardées, cette pénurie serait donc de quatre à cinq fois plus élevée que celle qui touche le personnel infirmier.
Selon M. Fortier, cette situation s’explique simplement. «Il faut une maîtrise pour pratiquer en milieu hospitalier. Pourtant, les pharmaciens d’hôpitaux sont payés 30 % moins cher que ceux qui travaillent dans les pharmacies privées», expose-t-il. Autrement dit, les étudiants restent plus longtemps sur les bancs de l’école, mais gagnent un salaire moins intéressant.
Marc Perreault, directeur du programme de maîtrise en pratique pharmaceutique de l’Université de Montréal, reconnaît que ce déséquilibre décourage plusieurs étudiants qui voudraient s’inscrire à la maîtrise. Ces dernières années, l’UdeM et l’Université Laval n’ont jamais été en mesure de combler les 70 places dont elles disposent ensemble dans ce programme.
Si ce n’est pas pour le salaire, qu’est-ce qui pousse les pharmaciens à vouloir travailler dans un hôpital? «Il s’agit d’une pratique très diversifiée avec des cas complexes. On ne s’ennuie pas dans ce milieu», soutient M. Perreault.
Faire la différence
Geneviève Langlois travaille au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke depuis près d’un an en tant que pharmacienne. Métro s’est entretenu avec elle.
Pourquoi avez-vous choisi la pharmacie hospitalière?
Pour la diversité de la pratique. J’avais aussi envie de faire partie d’une équipe et de m’impliquer au sein de plusieurs comités.
Que pensez-vous de l’écart salarial entre les milieux hospitalier et communautaire?
Tout est relatif : je gagne quand même bien ma vie, je mange à ma faim et j’ai un toit au-dessus de la tête. Quand j’entends dire que certains pharmaciens d’hôpitaux sont obligés de travailler à temps partiel dans une pharmacie privée pour arrondir leurs fins de mois, je trouve ça complètement exagéré! Ceci dit, pour enrayer la pénurie de pharmaciens d’hôpitaux, il faut absolument réduire cet écart salarial.
Prévoyez-vous travailler encore longtemps en milieu hospitalier?
Oui, parce j’ai vraiment le sentiment de faire une différence dans la vie des patients. J’aimerais aussi un jour me spécialiser dans un domaine comme l’oncologie, chose impossible à faire en pharmacie communautaire.