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Parfumeur: une question de pif

On ne compte dans le monde qu’une poignée de «nez» auxquels les grandes compagnies de cosmétiques font appel afin de développer des odeurs inédites. Ces derniers ont pour la plupart suivi une formation postuniversitaire à l’Institut supérieur international du parfum, des cosmétiques et de l’aromatique alimentaire (ISIPCA) à Versailles ou ont fait leurs classes auprès des grands parfumeurs qui travaillent à Grasse, capitale française du parfum.

Au Québec, une seule école offre une formation à ceux qui veulent développer leur nez et le vocabulaire propre à la parfumerie. Il s’agit de l’École en parfumerie Clarisse Monereau. Cependant, les formations qui y sont proposées s’adressent seulement aux acteurs de l’industrie du parfum et aux écoles d’esthétique qui souhaitent offrir à leurs employés ou à leurs élèves une meilleure connaissance du monde des odeurs.

«En France, le parfum, c’est notre vie. Même les enfants mettent du parfum! Quand je suis arrivée au Québec, j’ai constaté que les équipes avec lesquelles je travaillais chez Sephora et chez Murale ne connaissaient rien aux parfums, explique la fondatrice de l’école, Clarisse Monereau. Il y avait un réel besoin, car la tradition du parfum n’est pas implantée ici.»

Dans la Belle Province, ceux qui ont un odorat développé peuvent donc aspirer à un métier dans la vente de parfums plutôt que dans la création. En raison du manque de nez québécois, certaines compagnies d’ici, dont Fruits & Passion, doivent faire appel à des parfumeurs de Grasse, de Paris ou de New York afin de développer de nouvelles fragrances pour leurs produits. «Les formules de nos parfums sont mises au point avec l’aide de ces parfumeurs. Toutefois, ce sont des chimistes d’ici, dans nos laboratoires, qui s’as­surent que les fragrances se comportent bien dans tous nos produits», souligne Séverine Mathé, directrice marketing du développement des produits chez Fruits & Passion. On peut donc faire carrière dans le maniement des fragrances avec une formation en chimie ou en chimie organique, précise Séverine Mathé.

Qualités requises

Selon Clarisse Monereau, tout le monde peut devenir nez. «L’odorat est une chose qui se développe, dit-elle. Mais si vous faites facilement des migraines, le domaine de la parfumerie n’est pas pour vous!» Claude André Hébert peut se targuer d’être le seul parfumeur de la métropole! Depuis trois ans, il crée dans sa boutique de la rue Laurier des parfums haut de gamme sur mesure, aidé de son nez bien aiguisé et de son esprit créatif.


Comment en êtes-vous venu à concocter des parfums?

Je suis autodidacte. Au cours des 18 dernières années, j’ai travaillé dans le milieu de la parfumerie à titre de chef-comptoir, de représentant et de distributeur. J’ai ensuite eu envie de créer mes propres parfums, car je trouvais qu’il y avait un manque au Québec. J’ai suivi une formation en France et, depuis, avec l’aide d’une jeune parfumeuse formée à Grasse, je concocte différents effluves selon mes inspirations du moment. J’espère d’ailleurs développer prochainement une formation reconnue par le ministère de l’Éducation du Québec afin d’initier les Québécois à l’étude de la tradition du
parfum.


Quelles sont les étapes de la création d’un parfum?

Je suis avant tout un artiste. Pour créer un parfum, je commence toujours par écrire un texte, car pour moi, un parfum raconte une histoire, véhicule des émotions. Les mots-clés de l’histoire m’inspirent ensuite des odeurs. Avec l’aide de ma parfumeuse, nous élaborons une recette. Nous produisons six ou sept échantillons, que je teste ensuite avec les clients. La création d’un parfum peut prendre plusieurs mois.

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