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Sorin Necsulescu: un train vers l'Amérique

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Sorin Necsulescu.

Sorin Necsulescu est né à Bucarest, en pleine Roumanie communiste. Il a connu la prospérité du régime, sa déchéance, son implosion puis la révolution. L’ouverture au monde et aux valeurs libérales de l’Occident a bouleversé le pays tout autant que Sorin. Dès lors, le chemin vers l’Amérique s’est progressivement dessiné sous ses pieds  Portrait de Sorin Necsulescu, contremaître à la STM.

Il était tout jeune lorsque la Roumanie a connu ses meilleures années. Ses souvenirs les plus lointains le ramènent pourtant aux contraintes du régime du Ceausescu. «On manquait d’électricité et de nourriture, se rappelle-t-il. Tout était rationné. Je me souviens des longues files d’attente. Et je me souviens aussi que nous n’avions que deux heures de télévision par soir. Le contenu des émissions était essentiellement politique.»

Les Roumains manquaient de tout, mais pas de bons programmes d’éducation. Sorin a d’ailleurs reçu l’une des formations universitaires les plus spécialisées dans le domaine du génie mécanique industriel. Comme Sorin était un bon étudiant, le régime lui a réservé une place de choix au siège social de TLHS Bucarest, une entreprise spécialisée dans les travaux de construction hydrotechnique.

C’était à l’automne 1989, quatre mois avant la révolution qui sonna la fin du communisme en Roumanie. En 1994, l’abolition de son poste conséquemment à la privatisation de l’entreprise l’oblige à s’aventurer sur le nouveau marché du travail. L’ingénieur trouvera un em­ploi de mécanicien chez Bergerat-Monnoyeur, une fir­me française nouvellement implantée à Bucarest. «Un travail très facile pour moi, indique-t-il. Rapidement mes pa­trons m’ont donné davantage de responsabilités.»

À coup de promotions, de primes de rendement et d’heures supplémentaires, Sorin apprivoise le capitalis­me et la loi du profit. Il ouvre trois nouvelles bran­ches de la société en Transylvanie et multiplie les voyages d’affaires. «Je me souviens d’une formation en Floride, relate-t-il. J’étais impressionné par la façon de vivre des gens en Amérique. C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’une vie différente était possible.»

Dix ans après la révolution, la Roumanie n’était pas devenue le pays dont rêvait Sorin. «Même en travaillant très fort, on avait du mal à s’acheter une voiture et une maison, mentionne-t-il. Le marché noir existait toujours. Rien n’avait vraiment changé.»

En 2001, Sorin entreprend des démarches d’immigration pour le Québec. Neuf mois plus tard, il débarque à Montréal avec sa femme Felicia. Sorin est embauché par la STM à titre de contremaître en avril 2003. «J’y ai été très bien accueilli, précise-t-il. Mes collègues m’ont beaucoup aidé dans mon intégration.»

Aujourd’hui, il supervise les inspections des voitures de métro. Avec ses collè­gues, il prépare également  l’atelier des Petites Révisions Youville à accueillir les nouveaux trains. Sorin n’a jamais regretté son choix de s’installer au Québec. Et il a mis tout son cœur pour devenir un Québécois modèle. «Je vis dans une maison à Pierrefonds, j’aime l’hiver, la poutine, le sirop d’érable, confie-t-il. L’an dernier, j’ai même fait le père Noël au réveillon de mes amis québécois. Parfois, je parle roumain avec ma femme, mais ma langue première est devenue le français. J’essaie maintenant d’améliorer mon accent!»

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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