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Le français : pas assez valorisé dans les universités

Photo: Métro

La piètre qualité du français parlé et écrit par les professeurs d’universités québécoises inquiète les étudiants.

C’est l’un des aspects qui sera dévoilé sous peu par la plus récente étude du Conseil supérieur de la langue française du Québec. L’inquiétude se fait aussi sentir parmi certains groupes militants.

Voilà quelques mois, la création d’un MBA offert en anglais au HEC, une des écoles de formation de l’Université de Montréal, en faisait réagir plusieurs au Québec, notamment le Mouvement Québec français, qui y voyait une dégradation de la place du français dans les universités québécoises. Le français parlé par les professeurs d’université préoccupe aussi le groupe qui a reçu quelques plaintes à ce sujet.

«Nous n’avons pas de données statistiques, mais nous avons eu des cas anecdotiques, explique Mario Beaulieu, le porte-parole du groupe.  On nous a rapporté qu’à l’Université de Montréal, il y a des professeurs qui avaient été embauchés et qui ne parlaient pas le français,  et ça semble se produire de plus en plus.»

Le président de la Fédération québécoise des professeurs d’université, Max Roy, confirme également que le sujet a été porté à l’attention de son groupe.

«Ce que nous savons, c’est qu’il existe des cas d’embauche de professeurs dont les compétences linguistiques ne sont pas les meilleures, mais ce sont des cas exceptionnels.»

Dans le cadre d’une étude sur l’usage des langues aux 2e et 3e cycles universitaires, le Conseil supérieur de la langue française a mis le doigt sur une problématique qui, en très forte majorité, inquiète les étudiants. «Les étudiants trouvaient par exemple que les professeurs faisaient usage d’un français qui n’était pas toujours d’une qualité acceptable à l’oral, mais aussi à l’écrit. Ça touchait aussi
les professeurs francophones (dont des Québécois francophones de souche). Mais c’est surtout à l‘écrit qu’on a eu des commentaires négatifs», explique le président du conseil, Robert Vézina.

Dans le cadre de leur formation à la maîtrise ou au doctorat, des étudiants, selon cette étude, ont dit ne pas se souvenir que leurs travaux aient été évalués sur la qualité de la langue.

Robert Vézina ajoute que l’étude qualitative n’a pas de données statistiques sur l’ampleur de la problématique, mais qu’elle fait ressortir clairement que les jeunes trouvent que la langue n’est pas assez valorisée par les professeurs et les établissements d’enseignement.

«On considère que la qualité de la langue française est primordiale, ajoute-t-il. Si un étudiant reçoit un diplôme d’une université française, on s’attend que cet étudiant ait acquis une très bonne maîtrise du français écrit.»

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