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Une semaine de congé, trois jours de travail de plus

Photo: Getty Images
Philippe Couture - 37e avenue

Vraiment relaxantes, les vacances? Pas quand elles entraînent un surplus de travail avant et après. C’est le cas pour plus de trois travailleurs canadiens sur cinq, selon un sondage réalisé par ADP par l’entremise du panel en ligne de Léger. «Les périodes de vacances peuvent être à la fois un bienfait et un fléau», affirme Hendrick Steenkamp, directeur du service des conseils en ressources humaines d’ADP Canada.

Cinq jours au soleil sous les cocotiers entraîneraient ainsi jusqu’à 32 heures supplémentaires de travail dans les pires cas. Les jeunes travailleurs sont les plus touchés par ce fardeau: 
les 18-34 ans ont massivement répondu devoir faire des heures supplémentaires avant et après leurs vacances.

Bonne nouvelle pour les Québécois, toutefois: ils sont moins victimes de ces surplus de travail que leurs homologues de la Colombie-
Britannique, dont 72,7% disent devoir assumer des heures supplémentaires.

Au Québec, la proportion ne dépasse pas 41%, ce qui correspond à 20% 
de moins que la moyenne nationale. Les Québécois qui doivent néanmoins étirer leurs journées de travail enregistrent davantage d’heures que les travailleurs de l’Ouest canadien, avec une moyenne de 
17,2 heures supplémentaires, en comparaison des 13,8 heures en Colombie-Britannique.

Une situation préoccupante
À qui la faute? Aux employés trop zélés ou aux employeurs incapables d’assurer à leurs équipes des vacances dans des conditions optimales? Pour ADP Canada, c’est clair: les employeurs n’arrivent pas à respecter à l’une de leurs obligations fondamentales en matière de gestion des ressources humaines et devraient mettre en place des mesures pour éviter ces heures supplémentaires.

«Les directeurs ont la responsabilité de voir à ce que leurs équipes profitent au mieux de leurs congés, dit Hendrick Steenkamp. Cela signifie qu’ils doivent assurer un remplacement lors des absences, mais également un soutien pour atténuer la charge de travail additionnelle.»

Incapables de décrocher
Au problème des heures supplémentaires s’ajoute celui de l’impossibilité de «déconnecter» réellement pendant les vacances. L’étude montre que «près de la moitié des répondants (44,6%) affirment qu’ils consulteront leurs courriels professionnels ou qu’ils communiqueront avec leurs collègues pendant leurs vacances, tandis que 13,8% disent être prêts à se remettre au travail en cas de problème. Les jeunes travailleurs sont ceux qui sont les plus susceptibles de rester à l’affût».

Sans compter que de nombreux Canadiens ne se permettent même pas d’utiliser tous les jours de vacances qui leur sont consentis. Seuls 48,5%
 affirment qu’ils utiliseront la totalité de leurs congés au cours d’une année moyenne, et 5% avouent ne prendre 
aucun congé en général.

Les études confirment pourtant que les congés améliorent la productivité des employés ainsi que leur satisfaction. «Ces périodes de repos les aident à refaire le plein et à rester concentrés au travail, ce qui a une incidence importante sur le rendement, en plus de contribuer à une culture d’entreprise positive», conclut l’étude d’ADP Canada.

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