Soutenez

Décrocher de l’école pour mieux y revenir

Photo: collaboration spéciale

Décrocher n’est pas nécessairement une expérience négative. Louis, qui est retourné sur les bancs de l’école à la fin de la vingtaine, témoigne.

Après des études secondaires marquées de succès faciles, Louis s’inscrit en techniques de maintenance industrielle au cégep. À peine une session plus tard, il laisse tout tomber. «Je m’étais rendu compte que le domaine ne m’intéressait pas, se souvient-il. Je ne me voyais pas devenir mécanicien dans une usine.» Le suicide d’un ami ne fut pas non plus étranger à sa démotivation. «Au cours de cette période de ma vie, je ne pensais pas au futur», justifie-t-il.

[pullquote]

C’était il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui âgé de 29 ans, Louis est étudiant au baccalauréat en informatique, un programme en coopérative qui permet d’enchaîner sessions d’études et stages pratiques. Cette session, il a été embauché par la Commission scolaire de Sherbrooke pour son deuxième stage.

«C’est génial! s’exclame-t-il. Ça me permet de mettre en pratique ce que j’ai appris à l’école. Durant mon premier stage, les tâches ressemblaient davantage à des tâches de technicien, et cette fois-ci, je touche beaucoup à la programmation», explique celui qui aspire à devenir analyste ou gestionnaire de projet. «Ce que j’aime de l’informatique, c’est la polyvalence, continue Louis. De nos jours, il y a de l’informatique dans n’importe quel domaine.»

Mais ne devient pas informaticien qui veut. Il faut travailler d’arrache-pied, croit l’étudiant. «Même si j’ai toujours aimé jouer dans les ordinateurs – j’ai d’ailleurs monté moi-même la plupart de mes machines –, j’étais assez novice avant de commencer mon bac.»

De fait, après avoir décroché, Louis a travaillé dans des usines, puis en centre d’appels, et enfin chez un concessionnaire automobile. Quand l’entreprise qui l’emploie menace de couper des postes, en 2010, il décide de reprendre le chemin de l’école. Afin d’être admis au baccalauréat qu’il a choisi, en informatique, il doit suivre des cours par correspondance pendant un an et demi pour répondre aux préalables. «Comme je n’avais qu’un 5e secondaire, j’ai dû y mettre beaucoup d’efforts», témoigne-t-il.

C’est aussi sans compter la conciliation études-famille. Pour que Louis puisse atteindre ses objectifs professionnels, lui et sa conjointe ont décidé d’attendre quelques années avant de fonder une famille.

«C’est sûr que nous avons dû adapter notre mode de vie et nous serrer la ceinture, souligne-t-il. Je suis passé d’employé qui fait un bon salaire à étudiant qui n’a à peu près rien à part les prêts et bourses et les revenus des stages. Mais ce n’est que pour un temps. Ce sera une bonne chose à long terme.»

Série : La science prend le métro et le bus
Mettre leur savoir au profit de la communauté : tel est le pari qu’ont fait les étudiants qui participent au projet La science prend le métro et le bus. Cette année, les participants ont en commun d’avoir décroché du système scolaire avant de retourner sur les bancs de l’école. Aujourd’hui, Métro vous présente Louis, étudiant en informatique à l’Université de Sherbrooke.

Pour en savoir plus sur le projet : www.lascienceprendlemetro.qc.ca

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.