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La formation peut-elle réduire la pauvreté?

Photo: Métro

La formation axée sur l’emploi peut bénéficier à certaines personnes à faible revenu, mais elle ne peut pas réduire la pauvreté de façon significative.

La pauvreté au Québec coûte de 15 à 17 milliards de dollars aux contribuables chaque année. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion (CEPE). Cette somme ne représente pas moins de 5,8% du PIB de la province. Elle ne résulte pas uniquement de l’assistance sociale et des autres programmes d’aide offerts aux plus démunis, mais aussi des coûts reliés aux systèmes de la santé et de la justice attribuables à la pauvreté.

Réduire la pauvreté est aussi un objectif important sur le plan humain, alors qu’un nombre croissant de nos concitoyens doivent dépenser plus de 60% de leurs revenus pour leurs besoins de base, soit l’alimentation, le logement et les vêtements. C’est aussi un objectif économique valable. D’ailleurs, dans une société prospère, la pauvreté est, par définition, rare.

Mais les remèdes à la pauvreté ne sont pas toujours évidents. Une meilleure formation, davantage axée sur les besoins du marché du travail, est souvent proposée comme une solution évidente puisque, dans le passé, la formation s’est avérée la voie privilégiée de l’accès à l’emploi et au revenu.

L’expérience prouve que certaines personnes à faible revenu peuvent améliorer leur sort grâce à la formation. C’est le cas surtout des personnes qui ont quitté l’école sans qualifications particulières et qui se sont ensuite retrouvées cantonnées dans des emplois mal rémunérés. D’ailleurs, environ 40% des personnes à faible revenu sont des travailleurs, selon un calcul basé sur les statistiques officielles par le Mouvement ATD Quart Monde.

Néanmoins, il ne semble pas qu’on puisse réduire la pauvreté de tous ces travailleurs par la formation. Des études ont montré que les travailleurs mis à pied peuvent perdre jusqu’à 30% de leurs revenus antérieurs, même après avoir acquis une nouvelle qualification. C’est qu’ils ne parviennent pas à trouver un emploi dans leur nouveau domaine. Leur candidature ne satisfait pas aux exigences des employeurs, que ce soit à cause du manque d’expérience, de l’âge ou de l’état de santé. Plusieurs continuent donc à gonfler les rangs des travailleurs pauvres.

Les autres personnes à faible revenu ne peuvent guère bénéficier de la formation non plus. Un autre 50% de ces personnes sont déjà à la retraite, toujours selon les calculs du Mouvement ATD Quart Monde. Parmi les autres, plusieurs des autres vivent des difficultés qui nuisent à leur employabilité. Il peut s’agir de complications psychologiques ou familiales, du fait de souffrir d’un handicap ou simplement d’avoir été absent du marché du travail depuis longtemps, ce qui rend beaucoup d’employeurs méfiants.

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