Développer un projet perso au travail? Oui!
Plusieurs entreprises offrent à leurs salariés la possibilité d’investir une partie de leur temps sur un projet personnel. Perte de temps? Non, car cette pratique bénéficie aussi bien à l’employé qu’à l’employeur.
Hewlett-Packard, 3M ou encore Google figurent parmi ces sociétés qui autorisent leurs ingénieurs à consacrer quelques heures par semaine à une initiative de leur choix, mais en lien avec l’activité principale de la société. En général, les employés peuvent passer de 10 à 20% de leur temps sur leur projet.
Gagnant gagnant
Pour les employeurs, accorder cette liberté permet d’augmenter la motivation de leurs salariés et de stimuler leur créativité. Une inventivité qu’ils pourront mettre au profit de leur entreprise.
Les nouvelles idées des ingénieurs qui travaillent sur un projet personnel peuvent aussi être récupérées par la compagnie. Google garde, en effet, la propriété des innovations imaginées par ses employés, même si ces derniers en conservent la paternité.
L’autre avantage pour les entreprises est de se rendre plus attrayante aux yeux des candidats à l’embauche et d’assurer une meilleure rétention des talents. Dans certains domaines, comme l’informatique, où la main-d’œuvre qualifiée est rare et où les salaires sont déjà élevés, les ingénieurs apprécient de pouvoir consacrer une partie de leurs heures de bureau à faire avancer un projet qui leur permettra éventuellement d’obtenir une certaine reconnaissance de leur employeur et de leurs pairs.
«Mes expositions suscitent des retombées médiatiques qui mentionnent que je fais partie de l’agence, explique-t-il. Cela lui donne également une bonne vitrine pour attirer des talents.» – Simon Beaudry, directeur de création chez DentsuBos
Créativité et notoriété
Mais travailler sur un projet personnel pendant son temps de travail n’est pas seulement l’apanage des grandes entreprises et des ingénieurs. Simon Beaudry est directeur de création chez DentsuBos, une agence de publicité montréalaise, mais aussi artiste visuel. Après avoir réalisé des couvertures du magazine Urbania et travaillé avec le cinéaste Hugo Latulippe, il a entrepris des démarches pour exposer ses œuvres.
Il réussit à concilier sa carrière artistique et son poste de publicitaire grâce au soutien de DentsuBos. «Ils me donnent des jours pour pouvoir exposer, et en 2012, j’ai pu conclure une entente spéciale pour m’absenter un mois afin d’être accueilli en résidence artistique à Québec, raconte-t-il. Et l’agence m’accommode en me permettant d’aller à l’université une demi-journée par semaine sur mon temps de travail pour effectuer ma maîtrise en art visuel.»
Convaincre ses supérieurs de le laisser se consacrer en partie à ses ambitions artistiques n’a pas été difficile. «Ils ont fait preuve d’une grande ouverture, indique-t-il. Ils trouvent cela sain qu’on ait des projets personnels.»
Évoluant dans un secteur où la créativité est essentielle, l’agence DentsuBos trouve son intérêt dans le fait d’autoriser M. Beaudry à s’impliquer autant en art visuel. «Nous sommes tous des créateurs, alors avoir des projets parallèles permet d’aérer le cerveau et de rétablir l’équilibre, car le métier de publicitaire peut parfois être frustrant», précise-t-il. Simon Beaudry apporte également de la notoriété à DentsuBos. «Mes expositions suscitent des retombées médiatiques qui mentionnent que je fais partie de l’agence, explique-t-il. Cela lui donne également une bonne vivtrine pour attirer des talents.»