Les Ateliers Bon Débarras n’ont pas dit leur dernier mot
On ne se débarrasse pas si facilement d’un programme gagnant. Dans un contexte de réduction des subventions gouvernementales aux organismes communautaires, les Ateliers Bon Débarras (ABD) reprennent du mieux grâce à un financement privé.
Le programme d’insertion socioprofessionnelle peut continuer à desservir une population en demande. En fonction des trois objectifs principaux (maintenir les acquis de formation, développer des compétences professionnelles, personnelles et sociales, et favoriser l’implication citoyenne responsable), les participants déterminent eux-mêmes le contenu du programme. Formé de 12 jeunes de 16 à 21 ans, le groupe offre une solution de rechange au décrochage.
«Nous travaillons à partir de leurs besoins et de leurs désirs, explique l’intervenant Jean-Philippe L. Louis. Nous les encadrons, mais ils sont les acteurs et balisent le fonctionnement du groupe.» Construire un lit pour un bébé à partir de matériaux recyclés avec l’aide d’un ébéniste; mettre sur pied une cuisine collective; suivre un atelier de sensibilisation à la consommation responsable sont quelques exemples d’activités créées par et pour des participants. Les options sont vastes et variées, tant qu’elles correspondent à l’un des trois objectifs.
Un mal pour un bien?
Loin de se réjouir des compressions imposées aux organismes communautaires, Jean-Philippe L. Louis reconnaît néanmoins un point fort au financement privé. «Nous sommes moins assujettis aux délais imposés par les instances gouvernementales.» Concrètement, l’OBNL dispose d’une plus grande liberté pour répondre aux besoins de chacun des participants. Si un jeune sollicite un suivi au-delà du programme initial, il peut en bénéficier. «Ils sont en rupture sociale, et s’ils ont décroché de l’école, c’est symptomatique de quelque chose de plus profond. Relations familiales chaotiques, problèmes de toxicomanie ou d’alcoolisme, situation résidentielle précaire, troubles d’apprentissage, de comportement… Il faut pouvoir aller les chercher, les accrocher.» Un travail de longue haleine qui nécessite de tisser un lien. «Plus on a du temps pour le faire, plus ça tient à long terme.»
L’après-ABD?
La plupart des jeunes qui y passent «disent vouloir retourner à l’école, mais ne le font pas forcément dès qu’ils quittent le programme. Ils ont souvent des obligations (loyer, enfants) qui les poussent à privilégier l’emploi.» Pour le moment, le programme n’offre pas de rémunération aux participants, mais la possibilité de le faire est à l’étude.
L’ABC des ABD
- Pour des jeunes de 16 à 21 ans
- Sans emploi, sans formation
- Prêts à s’impliquer au moins 24 heures par semaine