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19:38 27 avril 2016 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 14:49 Temps de lecture: 3 minutes

Pourquoi les Y se privent-ils de vacances?

Pourquoi les Y se privent-ils de vacances?
Photo: MétroYoung woman with tablet pc at the beach

On dit que les nouvelles générations accordent beaucoup d’importance aux congés, aux vacances et aux politiques de conciliation travail-famille. Or, la génération Y est celle qui prend le moins de congés, révèle un nouveau sondage.

C’est là tout un paradoxe : les Québécois de la génération Y attachent de l’importance aux congés, mais ne prennent pas toujours ceux auxquels ils ont droit, révèle un sondage de la TD.

Selon l’enquête menée auprès d’un échantillon de 236 Québécois âgés de 18 ans ou plus, 92 % de ceux nés entre 1982 et 2000 soutiennent que les vacances sont indispensables à leur bonheur; 78 % estiment même qu’elles sont essentielles à leur épanouissement personnel. Pourtant, ces derniers sont aussi ceux qui profitent le moins de leurs vacances. En effet, quatre Y sur dix (36 %) renoncent à des jours de farniente auxquels ils ont droit.

Selon Josée Garceau, conférencière chez Symposium et auteure du livre La cohabitation des générations (Les éditions La Presse), plusieurs raisons peuvent expliquer les résultats de ce sondage – à commencer par la nature même des vacances dont il y est question.

«Parle-t-on de congés payés? Ou, au contraire, de congés pris à leurs frais? Sachant que les jeunes de la génération Y occupent de plus en plus des postes précaires, il y a fort à parier que plusieurs ne peuvent pas prendre de congés parce qu’ils ont peur de manquer d’argent ou de voir des occasions leur filer entre les doigts» -Josée Garceau, conférencière

Des vacances, c’est quoi au juste?
Sans parler de la perte de signification des vacances. Accrochés à leur téléphone intelligent, véritable laisse électronique, les Y font moins la distinction entre vie personnelle et vie professionnelle, soutient l’experte des questions générationnelles. «Ils mélangent tout, y compris lorsqu’ils sont supposément en vacances. Pour eux, les frontières autrefois sacrées [entre travail et loisirs] sont tout simplement moins bien définies.»

Puis, il y a aussi la question du chemin de vie que les Y empruntent. Plusieurs n’attendent plus d’arriver sur le marché du travail pour voyager, pour s’adonner à des loisirs, bref, pour prendre des «vacances». «Aujourd’hui, les jeunes voyagent pendant leurs études, quitte à les interrompre une année pour les reprendre ensuite», fait valoir Josée Garceau.

D’ailleurs, surspécialisation professionnelle aidant, les études des membres de cette génération sont aussi plus longues. Et plus dispendieuses. «Cet endettement accru ferme d’autant plus la porte à l’option des vacances», lance Mme Garceau.

Peu importe l’analyse qu’on fait de ces résultats, ils sont, de l’avis de Josée Garceau, franchement inquiétants. «Nous avons une génération entière qui est bien au fait que les vacances sont salutaires, mais qui, pourtant, s’en prive délibérément. Disons que cela porte à réfléchir aux motivations sous-jacentes et à la place en société qu’on réserve aux Y», conclut-elle.

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