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L’Anticafé: une nouvelle option pour les travailleurs autonomes

Photo: Métro
Philippe Jean Poirier - 37e avenue

Le concept est nouveau à Montréal: un café où on paye à l’heure plutôt que pour les cafés qu’on y consomme.

L’Anticafé facture 3 $ pour la première heure et 2 $ pour les suivantes, ou encore 9 $ par jour. Boissons et biscuits inclus. Portrait d’une nouvelle option pour les travailleurs autonomes. David Chevrier, un des gestionnaires du café, précise d’emblée : «Nous, on ne se présente pas comme un café, mais plutôt comme une boutique/galerie d’art/espace de coworking… Notre but, c’est de créer un lieu où on se sent chez soi.» Avec sa cuisine, ses divans, son cinéma maison, ses salles d’étude, on peut dire que l’effet est réussi.

D’où vient l’idée? On voit de ces anticafés principalement en Europe, notamment à Paris et à Rome. Mais le gestionnaire madelinot évoque aussi une tradition russe qui faisait en sorte que, par temps durs, les citoyens se cotisaient pour squatter des maisons converties en lieux de rencontre.

D’un point de vue pratique, David Chevrier et ses collègues cherchaient un lieu de travail pour mener à bien leurs projets respectifs, une sorte d’espace commun capable de s’autofinancer.

Et ça marche. Le commerce, ouvert en octobre, a une clientèle régulière, et le concept en lui-même séduit. «Nous avons reçu plusieurs demandes de franchise», lance-t-il.

La formule coworking
L’Anticafé a plusieurs vocations : on vient y relaxer, rencontrer des gens, regarder un film, lire, écouter le musicien du jour. Il y a également un volet coworking que les gestionnaires veulent promouvoir.

«Nous avons une formule mensuelle à 150 $, explique David Chevrier. Les membres ont un accès complet au lieu pendant les heures d’ouverture, de 10 h à 23 h. Évidemment, nous garantissons une place à tous ceux qui s’abonnent.»

La formule a de quoi séduire, lorsqu’on songe qu’une place de coworking peut coûter dans les 300 $ par mois.

David Chevrier assure d’ailleurs que l’endroit est propice au travail: «À l’étage, c’est généralement silencieux. Nous avons deux pièces de style “Shut up and work!” pouvant accommoder une vingtaine de personnes.»

anticafemontreal.com

Témoignage: amoureuse de l’Anticafé

CARRIÈRES_ Témoignage anticafé_c100

Émilie Nantel, une jeune femme de 28 ans, est tombée amoureuse de l’Anticafé. Appréciant tout particulièrement le côté «comme à la maison» qui s’en dégage, elle fait le trajet chaque semaine depuis Verdun pour y travailler sur un roman.

«Le premier étage est assez bruyant, concède-t-elle. C’est là qu’on trouve les gens qui veulent jaser, de même que la cuisine et la salle de jeux de société. Le deuxième étage, par contre, est plus tranquille.»

L’écrivaine en devenir y trouve doublement son compte : «Lorsque je suis en panne d’inspiration, je descends au rez-de-chaussée pour me chercher un thé. Je discute avec des gens, et quand je retourne à mon écriture, ça débloque!»

Émilie Nantel y voit aussi des économies à faire.

«Auparavant, je fréquentais une maison de thé du Quartier latin… Ça me coûtait autour de 15 $ pour 2 heures de travail, car j’achetais 2 théières à 6 ou 7 $!» C’est gagnant-gagnant.

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