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Julien Brault, celui qui modernise votre portefeuille

Photo: iStock/Julien Brault

Bien gérer ses finances personnelles, ce n’est vraiment pas donné à tout le monde. On peut au moins se fier à Julien Brault et à son application de gestion de portefeuille Hardbacon. Ses affaires vont si bien qu’après avoir complété une ronde de sociofinancement – il a récolté 1,3 M$! –, il vise maintenant une entrée en bourse avant la fin de l’année. Entretien.


Julien Brault
Cofondateur et PDG de Hardbacon
Entreprise fondée en 2017 à Montréal
Nombre d’employés: 10
200 000 utilisateurs par mois


Comment un journaliste économique devient-il PDG d’une start-up dans le domaine des fintechs?

Quand je suis arrivé au journal Les Affaires, je savais déjà que je voulais fonder mon entreprise. C’était juste une question de temps. Je couvrais beaucoup de sujets liés à la bourse et aux technologies, et j’ai identifié les fintechs comme un marché qui m’intéressait et qui avait beaucoup de potentiel. Après cinq ans, je suis parti pour rejoindre un fonds qui s’appelait Ferst Capital Partners, que j’ai quitté après quelques mois pour lancer ma propre entreprise. Je ne savais pas si j’étais prêt, mais en réalité on n’est jamais prêt à lancer son entreprise, donc j’ai décidé de faire le saut et ça a fonctionné.


Les fin…quoi?

Les fintechs (contraction de finance et technology) sont des entreprises qui utilisent la technologie numérique pour optimiser le développement des activités financières.


Qu’est-ce que vous avez voulu changer en lançant Hardbacon?

L’idée, c’était de donner aux gens les informations et les outils pour qu’ils puissent prendre de meilleures décisions financières. L’industrie a fait une bonne job pour faire croire que «c’est trop complexe pour vous, donc appelez un monsieur avec des cheveux gris, il va vous aider». Je voulais changer ça et montrer qu’on n’a pas besoin d’être un expert pour prendre en main ses finances personnelles.

Est-ce qu’on accorde assez de place à l’éducation financière au Québec?

Non. Je crois que ça devrait être enseigné à l’école, au même titre que les mathématiques ou d’autres matières. C’est tellement important! La société dans laquelle on vit est régie en grande partie par des règles économiques et il y a tellement de gens qui ne comprennent pas comment ça marche. Pour être un citoyen et un consommateur éclairé, il faut être éduqué sur ces choses-là.

Pourquoi utiliser une application plutôt que de faire appel à un conseiller ou un coach financier?

Hardbacon n’est pas nécessairement une alternative aux coachs ou aux conseillers financiers, on ne propose simplement pas la même chose. Par exemple, un conseiller financier ne va pas faire votre budget. Il fournit des conseils beaucoup plus généraux. Un coach, de son côté, va plutôt travailler sur les émotions liées à l’argent. Évidemment, une application ne peut pas faire ça. Hardbacon, c’est juste un outil supplémentaire qu’on met à la disposition des gens pour gérer plus facilement leurs finances.

Qu’est-ce qui différencie votre application de finances personnelles des autres produits du même type?

Notre philosophie, c’est qu’on veut aider les gens dans tous les aspects de leur vie financière. On a des concurrents dans différents domaines, par exemple Mint, aux États-Unis, qui permet de faire son budget. D’autres comparent des produits financiers ou servent à de la planification. Mais nous, on a regroupé tous ces outils au même endroit et c’est pour ça qu’on se démarque.

Votre campagne de financement sur FrontFundr a récolté 1,3 M$. Est-ce que ce résultat vous a étonné?

Oui, on a été agréablement surpris, mais il faut savoir que c’est une campagne de crowdfunding où les gens achètent des parts dans l’entreprise, donc c’est très régulé et ça demande beaucoup de travail en amont pour convaincre les investisseurs. En tout cas, si on a eu une bonne réponse du marché, ça veut dire que beaucoup de gens croient en notre plan d’affaires.

Un bon coup pour Hardbacon?

Pendant la pandémie, on s’est aperçu que les gens s’intéressaient plus que jamais à leurs finances personnelles, alors on a développé davantage d’outils pour les aider et on a rendu l’application gratuite. Et ça, c’était un très bon coup! On rejoint maintenant près de 200 000 Canadiens par mois.

Visez-vous toujours une entrée en bourse en 2021?

Oui, on travaille là-dessus. Je n’ai pas le droit de dire grand-chose, mais c’est toujours un objectif. On fait partie des très petits joueurs qui font cette démarche-là, mais ça a du sens avec notre modèle d’affaires.

Hardbacon, combien ça coûte?
Un abonnement premium à Hardbacon : 12,99 $ CA par mois ou 99,99 $ par année.


3 conseils pour gérer vos finances personnelles

1. Automatisez vos paiements

Automatiser les paiements récurrents (loyer, forfait mobile, etc.) permet de gagner du temps et de s’assurer de ne pas manquer de paiements, ce qui pourrait faire diminuer votre cote de crédit.

2. Faites un budget

Pour réussir à épargner, le budget est un allié incontournable. Tenant compte de vos revenus et de vos dépenses, il vous aidera à économiser, que ce soit pour constituer un fonds d’urgence ou pour investir en bourse.

3. Magasinez vos produits financiers

Acheter soi-même des produits financiers, c’est possible, à condition de bien comprendre tous les frais qu’ils impliquent. Pour être sûr d’acheter le bon produit, on peut les comparer grâce à des outils comme Hardbacon ou en consultant les sites d’institutions financières.


Son meilleur conseil pour se lancer en affaires

Trouver des cofondateurs en qui on a confiance et avec qui on partage une même vision et dont les compétences sont complémentaires aux nôtres.

Sa plus grande erreur

«Des erreurs, j’en ai fait plein, surtout au début. Un de mes problèmes, c’était que je ne savais clairement pas recruter, alors que c’est l’habileté la plus importante pour réussir un lancement d’entreprise.»

Un entrepreneur qui l’inspire

Michael Bloomberg. «Parce qu’il a su créer un empire dans le domaine des fintechs sans jamais vendre son entreprise. Aussi parce qu’il utilise son argent pour avoir un impact positif, notamment par le biais de la politique et de la philanthropie.»

Son application favorite

Uber Eats. «Car c’est plus simple que de cuisiner.»

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