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21:29 22 février 2016 | mise à jour le: 22 février 2016 à 21:44 Temps de lecture: 3 minutes

Un camp de jour controversé fait la promotion de l’apparence physique: pourquoi c’est mal

Un camp de jour controversé fait la promotion de l’apparence physique: pourquoi c’est mal
Photo: Métro

Pendant que des initiatives comme la Journée sans maquillage prennent de l’envergure et que certains magazines s’engagent à ne plus retoucher les photos, voire à faire davantage la promotion de la diversité corporelle, la programmation d’un camp de jour offert dans la région de Québec suscite la controverse. Et pour cause!

Les activités proposées aux filles de 8 à 15 ans dans le cadre du camp 100% look? «Coordonne tes vêtements et les couleurs avec ta coiffure et ton maquillage […] Donne du style à ta personnalité en améliorant ta démarche et ton maintien […] Prise de photo et utilisation du logiciel Photoshop pour préparer ton portfolio.» «Tsé, l’inverse de Chapeau, les filles!, ben c’est ça», a commenté une ancienne camarade de classe sur Facebook. La publicité détaillant le programme a d’ailleurs abondamment circulé sur le réseau social ces derniers jours.

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La nutritionniste Anouck Senécal, également chef de campagne pour l’organisme ÉquiLibre, a confié à Métro être «hautement préoccupée» par ce camp. «À cet âge, les jeunes filles sont en quête de leur identité, développent leur personnalité et sont extrêmement vulnérables à l’influence extérieure, continue-t-elle. Nos jeunes évoluent déjà dans une société où ils sont bombardés d’images de corps irréalistes. Si, en plus, on les invite à développer leur estime personnelle sur la seule base de leur apparence, le risque est grand qu’ils en viennent à résumer leur valeur en fonction du reflet dans le miroir. À la puberté, quand leur corps changera à grande vitesse, quand les filles auront plus de formes et que leur corps ne correspondra peut-être pas à leur idéal qu’elles se sont fixé, si elles n’ont pas appris à s’aimer au-delà de leur apparence, elles vivront de l’insatisfaction face à leur corps.»

Alors que la moitié des élèves du secondaire sont insatisfaits de leur corps (selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire réalisée en 2012), c’est inquiétant, en effet, que de telles activités soient offertes à des fillettes de 8 ans. Inquiétant d’autant que le président fondateur du Camp Rive-Sud, qui organise ces activités dans la région de Québec, Jean-Pierre Côté, s’est dit «surpris» du tollé, sur les ondes de TVA.

«Tant mieux si de plus en plus de femmes, d’hommes, de parents, d’intervenants réagissent à ce genre d’initiatives et les dénoncent, a pour sa part commenté Anouck Senécal. C’est signe qu’un vent de changement s’opère au Québec en faveur d’un changement d’environnements et de mentalités pour que nos jeunes puissent évoluer dans un monde où le développement d’une image corporelle positive est facilité.»

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