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Santé mentale au travail: le stress dépisté dans la salive

Des chercheurs montréalais ont inventé un nouvel outil de dépistage capable de détecter la présence d’hormones de stress dans la salive. Les résultats de leurs recherches ont été présentés devant une centaine de chercheurs, de représentants d’entreprises et de travailleurs réunis à Montréal pour le Colloque de la santé mentale au travail il y a quelques jours.

Le dépistage précoce par la salive vise une intervention rapide auprès d’une personne vulnérable avant l’apparition des symptômes de stress chronique, explique Sonia Lupien, directrice du Centre de recherche sur le stress humain de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine et responsable du projet.

«Un taux anormalement élevé d’hormones de stress a une incidence sur la production de glucose, d’insuline et de cholestérol, explique Sonia Lupien. À long terme, on assiste à un effet domino, avec l’apparition de maladies comme le diabète, des troubles de mémoire et des problèmes immunitaires, entre autres.»

Les prélèvements servent à mesurer les taux d’adrénaline et de cortisol présents dans la salive, deux des hormones de stress associées à la dépression et à l’épuisement professionnel.

Pour les gestionnaires
«Les entreprises peuvent s’en servir pour mieux contrôler les demandes liées au travail, pour repenser la conception des tâches, pour instaurer des projets de soutien et, surtout, pour favoriser l’équilibre entre le travail et la famille», soutient la chercheuse.

Le projet de recherche a été mené de concert avec le milieu universitaire et celui des affaires, dont la compagnie d’assurances Standard Life. Un maillage nécessaire, soutient la chercheuse, parce qu’il fallait aussi analyser l’efficacité des pratiques en gestion des ressources humaines déjà en place pour réduire les problèmes de santé mentale des travailleurs.

Mesure préventive ou discriminatoire?

Les gestionnaires de ressources humaines présents au colloque ont accueilli favorablement la nouvelle. Du côté syndical, on y voit plutôt une menace aux droits des travailleurs. Un contraste qui s’explique par la crainte que des résultats défavorables nuisent à l’embauche d’un candidat potentiel et soient utilisés pour discréditer des employés ayant des antécédents de maladies liées au stress.

Encadrement requis
Ces inquiétudes sont légitimes et elles doivent être examinées sur le plan éthique, a précisé Marie-Hélène Parizeau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en bioéthique et en éthique de l’environnement. La participation éventuelle des employés à un tel processus doit être précédée d’une explication sur la nature des tests (psychologiques ou physiologiques), de l’assurance de la confidentialité des résultats et, surtout, de leur utilisation, soutient la spécialiste.

Un point de vue partagé par Sonia Lupien, qui a rappelé que le protocole de recherche a été balisé par des mesures éthiques strictes. Elle a expliqué que l’objectif d’un tel test vise avant tout à s’assurer que les prélèvements salivaires restent un outil d’interprétation et d’intervention exclusivement réservé aux médecins et aux spécialistes de la santé.

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