Nouvelles règles hypothécaires : faire face à ses responsabilités
Les nouvelles règles hypothécaires imposées par Ottawa aux futurs propriétaires ont tout pour rassurer la population, même si elles sont maintenant plus strictes. C’est en tout cas l’avis de deux experts d’institutions bancaires.
Au début de l’été, le ministre des Finances, Jim Flaherty, annonçait un resserrement des critères pour le financement de prêts hypothécaires assurés par la Société canadienne d’hypothèque et de logement. La principale mesure vise à réduire la période d’amortissement, qui de 30 ans vient de passer à 25 ans. La nouvelle pourrait bien en toucher plusieurs, puisqu’on estime à environ 40 % les emprunteurs qui, en 2011, avaient signé une hypothèque étalée sur 30 ans.
Xavier Footman, de la Banque de Montréal, ne croit cependant pas que les nouveaux critères auront des répercussions trop importantes au Québec. «On ne sera pas gravement touchés au Québec, explique-t-il. Ces nouvelles mesures ont été mises en place pour contrôler le marché de l’Ouest et de l’Ontario, où il y a beaucoup de spéculation, c’est-à-dire d’argent qui vient de l’étranger, comme de la Chine.»
Louis-François Poirier, de la Banque Nationale, précise que le marché immobilier au Canada est en bonne santé et que les mesures ont été mises en place pour «inciter à l’épargne».
Xavier Footman rappelle qu’acheter une maison n’est pas la même chose que louer un appartement. «Au cours des dernières années, il y a eu une euphorie d’avoir accès à la propriété, parce que les taux d’intérêt étaient historiquement bas. Les gens comparent souvent leur loyer avec le fait d’être propriétaire, mais c’est très différent.»
La responsabilité du propriétaire est grande, rappelle-t-il, puisqu’il a à prévoir des sommes d’argent notamment pour les impôts fonciers et l’entretien, ce que n’a pas à assumer le locataire. «Si l’impact du 30 au 25 ans d’amortissement vous affecte beaucoup, c’est que ce n’est peut-être pas le temps d’acquérir une propriété. Il faut peut-être une plus grande mise de fonds et prendre plus de recul avant de s’embarquer dans un bien immobilier», ajoute-t-il.
«L’intérêt de la Banque Nationale est que les clients aient un financement en ligne avec leur profil, que les capacités de paiement de nos clients soient respectées», rappelle Louis-François Poirier, tout en ajoutant que les «premiers acheteurs», c’est-à-dire ceux qui veulent acquérir pour la première fois une maison, devront tout d’abord épargner un peu plus, mais seront gagnants au bout du compte, puisque les intérêts versés sur leur bien ne seront pas aussi élevés.