Une petite «boîte à Sardine» pleine de goûts
Outre les délicieux beignes servis le matin, le café Sardine se transforme en restaurant une fois la nuit tombée. On a voulu découvrir ce qui se concocte dans ce coin du Mile-End.
En passant devant le café Sardine, on se dit vraiment que l’endroit, minuscule, porte bien son nom. Et si le petit café permet d’entasser, à tout casser, une trentaine de personnes comme des sardines dans une boîte, le lieu ne manque ni de charme ni de convivialité. Ambiance feutrée, brique rouge arborant quelques décorations en lien avec la mer, et, grandes tables de bois toutes éclairées par une bougie. La réputation du chef Aaron Langille, un ancien du Filet et du Club Chasse & Pêche, laisse présager une soirée aux mille délices.
Le minicafé propose une cuisine de partage où l’utilisation des produits du terroir québécois est mise en avant. Sur la carte, une douzaine de plats de taille demi-entrée ou demi-plat que le serveur prend plaisir à nous décrire telle une belle aventure au pays des saveurs.
On décide de s’ouvrir l’appétit avec le pain aux tomates. Si cet amuse-bouche est réduit à sa plus simple expression, on redécouvre – enfin! – le goût de la tomate. Puis arrive la betterave accompagnée de poire et saupoudrée de fromage de chèvre. Contraste de saveurs intéressant entre les betteraves marinées et celles qui ne le sont pas; la poire, pour sa part, apporte une touche sucrée à l’entrée, et le chèvre, une pointe de douceur crémeuse.
Mon invité étant ouvert aux expériences culinaires, nous décidons de goûter un maximum de plats. Après avoir étudié la carte minutieusement, on choisit un demi-plat composé de patate, d’armillaire, de pimbina et de salicorne, le tout relevé de baies de genièvre. Un mets d’automne réconfortant. Ce mélange forestier accompagné d’herbe marine (la salicorne) nous montre la patate, qu’on trouve généralement ennuyeuse bien que facile à cuisiner, sous un autre jour. Et on découvre avec étonnement la magie gustative des baies de genièvre, avec leur goût acidulé qui apporte une petite touche de perlimpinpin à ce mets.
Pour l’accompagner, le serveur nous a proposé le homard, avec son beurre infusé au foin d’odeur, la purée de salsifis grillé, les panais déshydratés relevés d’estragon. Dès la première bouchée, on fond pour ce homard délicatement cuit et fondant. Le mélange des saveurs est tout aussi surprenant qu’intéressant. La purée de salsifis et les panais déshydratés, tous deux venus d’une autre époque, apportent encore plus de noblesse au roi homard. On aurait voulu lécher l’assiette…
Si tout était parfait jusque-là, le porcelet au pesto de marjolaine et son coulis à la cerise de terre, accompagné d’atoca et de fenouil, nous a fait terminer les plats sur une toute petite déception. Difficile pour un petit cochon de régner en maître dans un lieu qui se nomme le café Sardine et dont la mission est d’encourager la pêche durable. On trouve la viande élastique, et le mariage des saveurs n’est pas du tout convaincant.
Pour terminer sur une note plus douce, on décide de goûter au plus intrigant des deux desserts : le gâteau au chocolat blanc et au fromage bleu. Et là, le chef nous épate! Chaque bouchée de ce gâteau mousseux et onctueux à la fois nous laisse sans voix. Il n’est ni trop salé ni trop sucré, et le fromage bleu et le chocolat blanc forment un couple idéal dans la grande famille des desserts.
Après ce délicieux voyage sur la mer des saveurs, on part repus et heureux d’avoir découvert cette petite «boîte à Sardine» pleine de goûts.
En résumé
- L’occasion. Parfait pour un 5@7 entre amis (mais en petit nombre) ou pour un souper avec un(e) ami(e).
- L’ambiance et le décor. Ambiance feutrée, briques rouges et grandes tables de bois éclairées par des bougies.
- Les prix. Pour cinq demi-plats et un verre de vin, compter environ 45 $.
- Nous avons aimé. Notre serveur, qui a pris le temps de nous décrire chaque plat lorsqu’il les servait et le homard avec son beurre infusé au foin d’odeur.
- Nous avons moins aimé. L’abus de fleur de sel sur tous les plats et même sur le dessert.
Café Sardine
9, avenue Fairmount Est