Montréal, pharmacie à ciel ouvert
C’est peu connu, mais Montréal est une pharmacie à ciel ouvert. Arpenter les rues de la métropole avec une herboriste, c’est partir de découverte en découverte.
Quartier Villeray. Là où la majorité verrait des mauvaises herbes, l’herboriste Gabrielle Champagne a repéré du millepertuis dont les fleurs jaunes ont notamment des vertus antidépressives.
Toutefois, cette plante interagit avec beaucoup de médicaments. «Ça, c’est le sujet chaud de l’heure, raconte la jeune femme. La Guilde des herboristes a lancé une pétition contre l’Ordre des pharmaciens qui demande que l’herbe ne soit désormais accessible que derrière le comptoir».
Un peu plus loin au pied d’un arbre, c’est l’achillée millefeuille qui attire son attention. Les feuilles, une fois écrasées, peuvent être appliquées sur une blessure pour arrêter le saignement. «On peut aussi utiliser ses fleurs en infusion dans le bain d’un bébé fiévreux», ajoute-t-elle
Le pas de l’homme blanc
Dans une ruelle près de la rue De Gaspé, nous tombons sur des pousses de plantain majeur, très pratique pour neutraliser les piqûres d’insectes ou les hémorroïdes. La plante pullule à Montréal. «D’ailleurs, les Amérindiens la surnomment Le pas de l’homme blanc, car elle s’est mise à proliférer partout où passaient les premiers colons qui ont dû l’amener d’Europe par mégarde», explique Gabrielle Champagne.
Au bout de la ruelle, des orties. Les gens haïssent cette plante aux petits poils pleins d’acide formique donnant de désagréables piqûres. «Pourtant c’est la plante chouchou des herboristes, car elle a beaucoup de propriétés, en plus d’être très nutritive», confie notre jeune herboriste. Elle suggère de faire bouillir de jeunes feuilles d’ortie avec patates et oignons, avant de broyer le tout pour obtenir une soupe «très santé».
«Si les gens connaissaient mieux les vertus médicinales des plantes, ils soigneraient mieux leurs petits bobos. Cela aiderait à désengorger le système de santé», d’après elle. Voilà pourquoi la jeune femme organise une promenade guidée, samedi matin, dans le quartier. Question aussi de sensibiliser les gens à l’importance de vérifier chaque plante auprès d’un herboriste avant de la consommer, car certaines sont toxiques.
Réservations : alchimisteenherbe@gmail.com