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Nouvelle vague pour le logement social

Photo: Atira Women’s Resource Society

Atira, un réseau d’aide pour les femmes victimes de violence en Colombie-Britannique, inaugurait récemment une première canadienne: un complexe de logement social bâti à partir de conteneurs métalliques recyclés.

Le concept en soi n’est pas révolutionnaire : l’initiative vancouvéroise surfe sur une tendance architecturale mondiale, basée sur ces boîtes de taule traditionnellement réservées à l’univers maritime. Londres a déjà fait appel à cette stratégie pour du logement abordable; Amsterdam et Le Havre, pour l’érection de résidences étudiantes.

Au Canada, par contre, le conteneur métallique se fait plutôt discret. Quelques projets résidentiels ou commerciaux de petite envergure ont vu le jour ces dernières années, notamment au Québec avec l’architecte Pierre Morency. Mais ce type de construction n’a jamais réellement trouvé sa place dans les bâtiments à plusieurs unités. C’est pourquoi ce complexe d’habitation de Vancouver soulève un brin d’intérêt dans la communauté architecturale.

Composé de 12 appartements de 27 m2 (290 p2), le projet séduit tout d’abord par son esthétisme et sa convivialité. L’organisme a misé sur les couleurs vives et stimulantes pour mettre en valeur l’architecture modulaire, ainsi que sur des matériaux locaux, comme le bois, pour donner un peu de gueule à leur réalisation. Un design qui tranche considérablement avec l’architecture déprimante de nombreux complexes de logements sociaux bâtis au pays.

Sur le plan budgétaire, l’utilisation de conteneurs métalliques a permis de simplifier la structure et d’écourter le chantier de plusieurs semaines par rapport à une construction plus conventionnelle. Et qui dit moins de temps, dit économie d’argent. Combien exactement? La direction n’a pas voulu s’avancer sur un montant précis, me confirmant simplement que la transformation de chaque conteneur en appartement (comprenant une salle de bain privée, une cuisine et une buanderie) frôle les 82 500 $.

Et pour ce qui est de la durée de vie de la structure, plusieurs architectes ayant travaillé sur des projets similaires me confirment que ce type de construction a autant de potentiel que tout autre bâtiment comparable.

C’est à se demander si le conteneur métallique n’aurait pas avantage à se populariser à Montréal. Pour des logements sociaux ou étudiants, les dimensions de ces boîtes maritimes s’avèrent idéales. Et pourquoi ne pas les utiliser pour densifier nos quartiers, en créant notamment du microlotissement de ruelle? Des villes comme Vancouver ont connu un franc succès avec des programmes favorisant l’implantation de petites unités d’habitation dans les cours arrière de résidences. Pourquoi pas Montréal?

Sans oublier que cette stratégie permettrait d’offrir une seconde vie à ces conteneurs métalliques qui, dans bien des cas, restent simplement abandonnés dans certains ports.

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