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Un hiver pénible se prépare

Les précipitations abondantes qu’a connues le Québec l’hiver dernier sont depuis longtemps oubliées. La belle saison n’a toutefois été qu’une pause dans le psychodrame québécois du déneigement. Depuis 400 ans, les Québécois sont désespérés par cette mauvaise farce des dieux qui les fait tant travailler.

Si vous croyez que l’hiver 2008 a dit son dernier mot, eh bien détrompez-vous. Les tarifs de déneigement pour les résidants de la grande région de Montréal ont augmenté de 10 à 30 %, selon CAA-Québec. De plus, une première pour la clientèle résidentielle, les entrepreneurs en déneigement fixent des quantités maximales de neige à ramasser pour un contrat, précise Roxanne Héroux porte-parole de CAA-Québec. «Par exemple, l’entrepreneur peut inclure dans le contrat qu’au-delà de 250 cm de précipitations totales, des frais supplémentaires seront exigés», explique Mme Héroux.

Les frais supplémentaires peuvent varier d’un entrepreneur à l’autre. Se renseigner à ce sujet et être attentif aux petits caractères, même si on fait affaire avec le même entrepreneur depuis plusieurs années, évite les mauvaises surprises. Roxanne Héroux précise «qu’il s’agit d’une nouvelle mesure pour les contrats de déneigement résidentiel, mais cette pratique est fortement répandue dans les contrats industriels et commerciaux».

De moins en moins rentable

La hausse des tarifs ainsi que l’instauration de cette mesure s’expliquent par la hausse du prix du diesel et par les nombreuses et généreuses bordées de neige de l’an passé. Les clients ont alors profité de bons tarifs compte tenu de l’ampleur du travail que les entrepreneurs devaient accomplir.

Plusieurs de ce derniers ont ainsi vu fondre leurs profits au même rythme qu’ils travaillaient. «Il est tout à fait normal que les entrepreneurs en déneigement ne veuillent plus connaître les pertes financières de l’hiver dernier», soutient la porte-parole de CAA-Québec.  

Le contrat

CAA-Québec conseille fortement aux propriétaires de toujours exiger un contrat signé où figurent les adresses des deux parties. Méfiez-vous des dépliants publicitaires où un nu­méro de téléphone est donné et ne payez pas la totalité du  montant exigé au contrat au début de la saison. Optez plutôt pour plusieurs versements, car quelques rares cas de fraude ont déjà été signalés. Vous n’en conserverez qu’un plus grand pouvoir de négociation.

Autres points importants à déterminer avec l’entrepreneur avant la signature : l’heure à laquelle le travail sera fait. Le matin avant l’heure du départ pour le travail? À la fin de la bordée de neige? Ces détails qui peuvent sembler insignifiants en octobre lors de la signature du contrat ne sembleront plus aussi anodins lorsque vous aurez à pelleter à 7 h du matin en complet-cravate, en retard pour une réunion importante. Enten­dez-vous aussi sur la superficie à déneiger et sur l’endroit où la neige sera déposée.

Mais va-t-il neiger cet hiver?

Environnement Canada prévoit des précipitations au-dessus de la moyenne pour les mois de novembre à janvier. Richard Moffet, porte-parole d’Environ­ne­ment Canada au Québec, soutient cependant qu’il s’agit de prévisions saisonnières, donc plutôt incertaines. «Il sera plus facile d’avoir un portrait fiable au début du mois de décembre», affirme M. Moffet.

L’an dernier, les météorologues prédisaient un hiver avec des précipitations sous les normales. Pourtant, Montréal a reçu 371 cm de neige alors que la normale oscille autour des 215 cm.

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