L'immobilier résiste encore aux soubresauts de l'économie
Malgré une baisse de 37 % du nombre de transactions immobilières enregistrées dans la grande région de Montréal en janvier 2009 par rapport à la même période l’année dernière, plusieurs acteurs du secteur immobilier s’entendent pour dire que le marché de la métropole se porte relativement bien en ce début d’année.
«Le marché immobilier de Montréal n’est pas en crise», explique d’entrée de jeu Michel Beauséjour, chef de la direction de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM). En effet, le prix des habitations continue d’augmenter, et l’offre de vente se maintient même si l’économie canadienne est en récession. «Les propriétés n’ont pas perdu leur valeur puisque la très grande majorité des gens ne sont pas obligés de vendre, explique M. Beauséjour.
Si on exige un montant et que les offres sont trop basses, on retire simplement la pancarte et on réessaie plus tard.» La situation montréalaise n’a en effet rien à voir avec ce qui s’est produit aux États-Unis, où un nombre important de propriétaires ont dû vendre leur propriété sous la menace de la voir reprise par leur institution financière.
De leur côté, les acheteurs montréalais continuent d’acheter malgré le fait que leur confiance en l’avenir a été ébranlée par les soubresauts de l’économie. «C’est vrai que les acheteurs sont moins pressés qu’avant, mais ils achètent quand même, confirme Steve Rouleau, agent immobilier affilié chez RE/MAX Du Cartier inc. Ils prennent un peu plus leur temps et c’est bien, mais je leur rappelle qu’ils ne doivent pas trop attendre parce que le marché bouge rapidement. Les gens ont l’impression que les choses ont ralenti en raison de ce qu’ils voient dans les médias, mais ça bouge vite sur le terrain.»
Attendreavant d’acheter ou de vendre?
«Je ne pense pas que les acheteurs devraient attendre une baisse majeure des prix, estime M. Beauséjour, de la CIGM. Premièrement, je ne crois pas qu’il s’agisse d’une bonne raison pour motiver un achat; deuxièmement, la valeur des propriétés continue d’augmenter; et finalement, on est loin de la baisse de valeur historique de 4 % enregistrée en 1995.»
M. Beauséjour donne deux autres conseils aux vendeurs. Tout d’abord, les deuxièmes acheteurs ne devraient pas craindre la situation actuelle puisque la diminution de leur profit sur la vente sera compensée par la baisse du coût d’achat. Ensuite, les propriétaires qui doivent vendre à tout prix devraient essayer de patienter quelques mois avant d’agir, quitte à louer leur propriété pendant un certain temps. Ils pourront ainsi réaliser un plus grand profit lorsque l’économie ira mieux.