Pensée critique contre pensée positive
Nourrissez votre esprit de pensées positives et de belles choses se produiront dans votre vie… Enfin, c’est ce qu’on entend assez fréquemment. J’ai l’impression qu’on nous répète souvent ce message. Ça semble à première vue une bonne idée. Mais jusqu’à quel point cela fonctionne-t-il?
Trop de négativisme freine l’esprit d’initiative en plus d’être un facteur pouvant mener à la dépression et à la déprime. Mais comment pouvons-nous calculer les effets destructeurs de la pensée négative? Est-ce que l’utilisation des «pensées du jour» peut vraiment aider? Est-ce que vous serez plus convaincus par vos pensées si elles sont positives? Malheureusement non.
Les mots contre les croyances
Le problème lorsqu’on pense de façon positive, c’est qu’il est difficile de croire en des affirmations si, d’entrée de jeu, on n’est pas convaincu de leur signification. Il y a une énorme différence entre les mots et les croyances. Se répéter des pensées positives n’est qu’un exercice sans substance. Les mots, peu importe le nombre de fois que vous vous les répéterez, n’auront aucun impact à moins d’y croire profondément. C’est à ce moment que la pensée critique entre en ligne de compte.
La pensée critique fait intervenir la capacité à examiner les faits selon une perspective non biaisée. Cela implique de mettre en doute vos perceptions des événements et d’en reconnaître les distorsions afin de pouvoir voir les choses comme elles sont vraiment, plutôt que comme vous les percevez.
Le résultat s’exprime par l’adoption d’une perspective bien mieux équilibrée, et qui sera conséquemment plus positive. Ce genre de changement se traduira par une conviction bien plus profonde et durable que toute tentative de pensée positive d’automate.
Le penchant négatif de la dépression
Les gens souffrant de déprime ou de dépression chronique n’ont pas nécessairement vécu des malheurs pires que les gens heureux. Ils ne vivent pas non plus sur une autre planète. Ils ont peut-être cependant tendance à voir les choses de manière plus négative.
Par exemple, ils peuvent voir leurs atouts comme étant insignifiants tout en les trouvant merveilleux chez les autres. Ils exagèrent peut-être grandement leurs défauts tout en pardonnant des travers similaires chez les autres. Au cours d’une dépression, cette tendance au négativisme devient plus importante et les symptômes n’en deviennent que pires.
L’un des objectifs du traitement des gens dépressifs, chroniquement déprimés ou négatifs à l’extrême, est d’utiliser la pensée critique afin d’aider ces personnes à reconnaître leurs pensées subjectives et leurs distorsions négatives. Elles apprennent à questionner leurs préconceptions, l’interprétation qu’elles se font des événements et leur jugement des faits selon une tout autre perspective. Cela a pour effet de tracer un portrait plus réaliste du monde qui les entoure, un portrait pas nécessairement tout en rose, mais certainement mieux équilibré et beaucoup moins négatif.
En vous forçant à penser positivement, vous aurez beaucoup moins de chances d’atteindre votre objectif que si vous utilisez la pensée critique. L’objectif n’est pas de modifier ce que vous vous dites. Mais plutôt de modifier ce que vous croyez.