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Confidences d'un couple infertile

Sujet tabou, l’infécondité touche pourtant un couple sur huit en Amérique du Nord.  

Alors que le désir de devenir mère l’habite depuis longtemps, Anne-Marie frap­pe un mur à 25 ans. Après un an «d’essais», elle et son conjoint vont consulter dans une clinique de fertilité. Le diagnostic est rapide : François, 26 ans, souffre d’oligospermie grave, soit une diminution de la concentration en spermatozoïdes dans le sperme.

«Vous êtes encore jeunes» et «vous vous en faites trop» sont des commentaires qu’ils ont entendus à maintes reprises. Blessantes, les paroles affectent le couple. En plus, «le simple fait de voir un enfant dans la rue ou d’entendre parler de grossesse nous rendait mal à l’aise», soutient la jeune femme.

Afin de mettre toutes les chances de leur côté, Anne-Marie et François essaient l’insémination par donneur et la fécondation in vitro (FIV) avec microinjection. Exit la beauté de la conception: les techniques de reproduction imposent de nouvelles règles à la vie sexuelle du couple. «La journée d’ovulation, même si mon chum n’a pas le goût de le faire, il n’a pas le choix», révèle Anne-Marie. Après  avoir déboursé près de 10 000 $ pour leurs traitements et fait preuve d’une patience exemplaire, les deux tourtereaux se désolent. Les solutions possibles pour concevoir un enfant naturellement échouent.  

Une situation délicate

Petit à petit, les frictions se font sentir dans le couple. Ayant peur de perdre sa copine, François se culpabilise. «Est-ce que le désir d’Anne-Marie (qui est fertile) d’avoir un enfant est plus fort que nous deux?» se demande-t-il. Pourtant, cette dernière jure que «dès que j’ai rencontré François, ça a été clair que je voulais un enfant avec lui.»

Le témoignage mémorable de Julie Snyder, en 2007, sur la fécondation in vitro tombe à point pour Anne-Marie et François. «Après les deux échecs de la FIV, j’ai été touchée d’entendre Julie à la télévision», mentionne Anne-Marie. Les amoureux apprennent du coup l’existence de l’Association des couples infertiles du Québec, où ils rencontrent des gens qui «les comprennent».

Ne baissant pas les bras, le couple, qui s’est marié depuis, se tourne vers l’adoption locale. Les longs délais d’attente et des complications les poussent alors vers l’adoption internationale. Leur choix s’arrête sur les Philippines. Coût estimé : 25 000 $.

En attente du poupon, le couple a déjà préparé sa chambre. «Si tout ça nous est arrivé depuis cinq ans, je crois qu’on était faits pour l’adoption», conclut Anne-Marie, sereine.

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