Un cancer qui frappe au cœur de la vie
Mitsou est une femme occupée. Entre l’émission quotidienne C’t’encore drôle, diffusée à NRJ, la préparation de la nouvelle saison de Kampaï, et ses rôles de femme d’affaire, de mère et d’épouse, la populaire animatrice a trouvé le temps, pour une cinquième année, d’agir à titre de porte-parole de la Course à la vie de la Fondation canadienne du cancer du sein. Métro s’est entretenu avec Mitsou sur ce sujet, qui lui tient visiblement à cÅ“ur.
Vous êtes porte-parole de la Course à la vie pour une cinquième année. Qu’est-ce qui vous pousse, année après année, à reprendre le flambeau?
Les femmes, tout simplement. Les femmes qui se donnent et qui luttent contre la maladie. Les gens qui souffrent par dommages collatéraux du cancer du sein aussi : les parents, amis, amoureux, amoureuses. Sans oublier les personnes que j’ai connues qui l’ont eu. Celles qui y ont survécu et mes amies que je garde en mémoire également.
Trouvez-vous que les progrès faits au cours des dernières années dans la lutte contre le cancer du sein ont été suffisamment importants?
La lutte n’avancera jamais assez vite. C’est sûr que si on pouvait trouver un remède à la maladie cet après-midi, j’en serais bien heureuse. Mais il n’en demeure pas moins qu’on s’approche aujourd’hui de la vérité au niveau de la prévention. Le Fonds mondial de recherche contre le cancer et la Fondation canadienne du cancer du sein ont d’ailleurs émis des recommandations qui peuvent aider à prévenir plusieurs cancers. On recommande notamment d’éviter les surplus de poids, d’éviter la cigarette, d’être physiquement actif et de privilégier un régime alimentaire à haute teneur en fruits, légumes et grains entiers, et faibles en gras et en sucres.
Au cours des cinq dernières années, qu’est-ce qui a le plus changé dans la lutte contre le cancer du sein selon vous?
Ce qui a changé, c’est qu’on en parle. Il y a cinq ans, le cancer du sein était encore un peu tabou. Il y a aussi une nouvelle génération de femmes connues qui sont dans la fleur de l’âge et qui ont eu à sa battre contre le cancer du sein. On n’a qu’à penser à Sheryl Crow, à Kylie Minogue et, plus près de nous, à Geneviève Borne. Je pense que les femmes de notre génération ont pris conscience de l’importance de la prévention, mais aussi de se soutenir entre elles.
Qu’est-ce qui resterait à faire ou à changer dans la lutte contre le cancer du sein?
La Fondation canadienne du cancer du sein est en train de faire un sondage pour connaître les besoins des Québécoises. On se pose la question à savoir si on doit remettre tout l’argent amassé à la recher-che ou si on doit en garder une partie pour assurer un soutien aux femmes malades. Par rapport à la prévention, il faut aussi essayer de convaincre les gens de mettre toutes les chances de leur côté. Quand des gens tombent malades, certains d’entre eux se demandent pourquoi ça leur arrive en dépit de tous les efforts qu’ils ont mis dans la prévention. Mais la prévention, c’est comme la ceinture de sécurité en auto. Certaines personnes meurent dans des accidents d’auto même si elles la portent, mais ce n’est pas une raison pour que tout le monde la détache. L’idée, c’est de réduire les risques.
Croyez-vous que la recherche permettra un jour d’éradiquer complètement le cancer du sein?
Je l’espère. On travaille tous avec cet objectif en tête. On peut déjà être fier des résultats obtenus. Pas moins de 87 % des femmes qui ont un cancer du sein survivent au-delà de cinq ans aujourd’hui. C’est très bon.
En tant que femme et mère de deux jeunes filles, le cancer du sein vous effraie-t-il?
Plus ça va, moins ça me fait peur. J’apprivoise la maladie à travers les gens que je croise. Je la démystifie. Je sais que ce n’est pas une affaire de mauvaises énergies ou de trop hauts niveaux de stress. Je sais qu’on ne peut pas se culpabiliser à l’avance. Avant, les gens se disaient souvent : «Il faut que j’arrête, je vais me « faire » un cancer». On sait aujourd’hui que ce n’est pas comme ça que ça se passe.
La lutte au cancer du sein a droit à beaucoup de visibilité, pourquoi selon vous?
Cette maladie touche la femme. Quand on touche à la mère, il y a quelque chose de très organique, de très émotif qui se passe. Je reçois chaque année des milliers de lettres de gens qui organisent, dans leur communauté, des levées de fonds pour la Fondation canadienne du cancer du sein. C’est aussi grâce à ces personnes que la cause a autant de visibilité. Les gens se sont organisés, les femmes se sont mises à parler de la maladie et il y a un sentiment d’entraide et
de solidarité qui s’est installé.