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La vie après la maladie

Elisabeth Braw - Metro World News

En 2008, alors qu’elle était en plein traitement de chimiothérapie pour combattre son cancer du
sein, Métro avait accompagné Carole Bureau à un traitement.  Aujourd’hui rétablie, Mme Bureau a rencontré Métro, autour d’un café.

ivre après la maladie. C’est ce que Carole Bureau, une Montréalaise qui a souffert d’un cancer du sein en 2008, continue à apprendre, jour après jour, depuis février 2009, alors que ses traitements de chimiothérapie ont pris fin. «Il faut apprendre à vivre avec une nouvelle réalité», affirme d’entrée de jeu Carole Bureau, qui approche de la soixantaine. Cette nouvelle réalité, c’est premièrement un nouveau look. «J’ai les cheveux qui frisent maintenant, alors que je n’avais jamais frisé de toute ma vie! raconte-t-elle. Certaines personnes ne me reconnaissaient pas au début.»

La sportive dans l’âme doit aussi apprendre à accepter son nouveau niveau de forme physique, qui n’est pas revenu comme auparavant, alors qu’elle pouvait facilement dépasser les 100 km de vélo par jour. «C’est un deuil difficile à faire parce que c’était une vraie passion pour moi», confie-t-elle. Celle-ci n’a pas accroché son vélo pour autant, ayant pédalé 25 km au total cette année. Consciente que sa forme n’est plus ce qu’elle était, Carole Bureau essaie de se donner des défis à sa mesure pour ne pas vivre d’échec.

Et malgré qu’il ait été progressif, son retour au travail a aussi été une épreuve plus difficile à surmonter qu’elle ne l’aurait cru. «À ton retour, tu ne retrouves pas les choses exactement comme elles étaient quand tu t’es absentée un an du travail, fait valoir la responsable des bénévoles dans un centre d’hébergement de longue durée. J’ai aussi une moins grande résistance au stress qu’auparavant.»

C’est pour cette raison que Mme Bureau a pris la décision de devancer sa retraite à l’hiver prochain. «Sans trop y penser, on sait qu’il y a toujours une possibilité de récidive. J’ai choisi ma santé en priorité. Je n’ai pas de temps à perdre, et je veux passer du temps avec les gens que j’aime», affirme la mère de trois enfants et grand-mère de trois autres, bientôt quatre.

La vie ici, là, maintenant
Mais au-delà des changements physiques qu’a laissés la maladie, Carole Bureau voit maintenant la vie d’un autre Å“il, alors qu’elle a survécu à son cancer. «Ça m’a fait revoir mes priorités, raconte celle qui pensait auparavant beaucoup plus aux autres qu’à elle-même. On apprend à se faire des cadeaux, à prendre le temps de s’arrêter dans le tourbillon de la vie.» Pour cette raison, Mme Bureau s’est offert, comme cadeau de retraite, un condo qu’elle a loué tout l’hiver prochain à Saint-Sauveur, pour y faire du ski et de la raquette, et y passer du bon temps avec ses enfants et petits-enfants.

Adorant voyager, elle a aussi réalisé en septembre 2009 le voyage en Europe qu’elle avait dû annuler un an plus tôt en apprenant qu’elle était atteinte d’un cancer du sein. Elle s’est aussi reposée aux Îles de la Madeleine pendant une semaine cet été et a un autre projet de voyage en Espagne pour le printemps prochain. «C’est le là, le ici et le maintenant qu’il faut garder en tête, et toujours avoir un projet devant nous. C’est ça l’important, en fin de compte», conclut-elle.

Les conseils de Carole Bureau
Quelques conseils de Carole Bureau destinés aux femmes qui viennent de traverser un cancer :

  • Être patiente. «Le mot clé, c’est la patience. Il faut aussi avoir une grande capacité d’adaptation à une nouvelle réalité.»
  • Retourner au travail très progressivement. «Retourner au travail progressivement sur une période de trois mois, ce n’est pas assez. Le corps est fatigué. Si c’était à refaire, je resterais à deux jours semaines pendant au moins un mois.»
  • Rester active. «J’ai fait du yoga, du Tai Chi et du plein air tout au long de ma maladie, et je reste le plus active possible maintenant aussi. Ça m’a beaucoup aidé.»
  • Avoir des projets. «Il ne faut pas trop planifier, mais il faut toujours avoir un petit projet. Planifier six mois à la fois, c’est suffisant maintenant, alors que je planifiais très longtemps à l’avance avant.»

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