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À la poursuite du bonheur

Frank Abeline - Metro World News

Gretchen Rubin a déclenché une petite révolution avec son livre intitulé The Happiness Project, qui connaît un succès mondial. Métro lui a demandé quelques-uns des ingrédients qui forment sa recette du bonheur.

Il y a quelques années, Gretchen Rubin, une avocate de New York devenue écrivaine, était heureuse, mais elle estimait qu’elle pouvait l’être davantage. Cette mère de deux enfants a donc amorcé une quête du bonheur, lisant des livres de développement personnel (d’Oprah à Thoreau) et concevant un programme plein de résolutions, comme nettoyer ses placards, être plus gentille avec son mari et fonder un club littéraire pour enfants. Elle allait être heureuse, bon sang! Le résultat? Une réussite et un succès de librairie monstre! Métro a demandé à
Mme Rubin de revoir ce qu’elle a appris mois après mois.

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce livre?
Je n’étais pas malheureuse, mais j’estimais que je pouvais être plus heureuse. Et j’aime beaucoup lire. J’ai donc commencé à lire des ouvrages de développement personnel et je me suis dit que je devais m’élaborer un plan personnel.

Votre mari était-il vexé du fait que vous aviez l’impression que vous pourriez être plus heureuse?
Non. Il ne l’a pas mal pris. Je ne cherchais pas à comprendre ce qui allait mal avec lui. Le livre était à propos de moi. Le plus grand défi d’une personne malheureuse consiste peut-être à s’affranchir de la culpabilité et à faire preuve d’un peu d’égoïsme. Plus on est conscient du temps qu’on consacre à certaines choses, plus on les accomplit intelligem­ment. Il faut trouver du temps pour faire les choses qui sont importantes pour soi. Ce qui compte le plus pour moi, c’est de dormir davantage. Je dors beaucoup plus qu’avant. Je pourrais lire un livre ou regarder Mad Men, mais je ne le fais pas parce que ça me permet de jouir d’une heure de sommeil de plus. Et c’est 100 fois mieux.

Au début de votre projet, quelle est la première chose que vous avez apprise?
J’ai commencé en janvier en accordant la priorité à un regain d’énergie. Il faut retenir que l’état physique compte plus qu’on le croit. Les gens pensent que c’est une chose abstraite, mais il est important de faire de l’exercice.

Qu’avez-vous fait?
Je me suis inscrite à un entraînement aux poids. Parce que je voulais progresser par moi-même. Mais je n’ai même pas essayé la médiation. Il est scandaleux que je ne l’aie pas essayée. Cela ne m’intéresse pas du tout. Bien entendu, les gens disent que c’est une raison de plus pour l’essayer.

En février, vous avez mis l’accent sur votre mariage, n’est-ce pas?
Oui. Il est très tentant de s’imaginer à quel point on serait heureux si les autres se comportaient correcte­ment. Mais on ne peut changer que soi. Les gens me demandent si mon mari a changé. Je leur réponds que si on change, la relation changera nécessairement. Quand je suis devenue plus optimiste, moins chica­nière, plus coopérative, mon mari a changé lui aussi.

En quoi votre nouvelle attitude vous a-t-elle aidée à être une meilleure mère?
Essentiellement, c’était l’idée que, si j’agissais comme je voulais me sentir, je me sentirais de cette façon. Ainsi, si j’adoptais une attitude calme et enjouée, je le serais, tout comme mes enfants. Il est possible de rendre des relations plus heureuses. Et les journées sont longues, mais les années sont courtes. La plupart des lecteurs sont d’accord avec cette expression, et je devais en choisir une. 

De façon controversée, vous croyez que l’argent fait le bonheur, n’est-ce pas?
Je souligne le rôle que l’argent peut jouer dans une vie heureuse. Souvent, les gens disent qu’il ne fait pas le bonheur. Toutefois, utilisé intelligemment, l’argent peut contribuer considérablement à une vie heureuse. En ce qui concerne le temps et l’argent, la ques­tion est la même : compte tenu de leur quantité limitée, gagne-t-on au change à acheter une bicyclette ou une nouvelle table de cuisine? Cela revient à concevoir l’argent d’une manière qui contribue au bonheur.

Les gens éprouvent de la difficulté à s’accorder du temps pour avoir du plaisir.
Les gens font des blagues à ce sujet, mais, comme je le dis, ils doivent prévoir du temps à leur horaire s’ils veulent avoir du plaisir, comme un rendez-vous chez le dentiste. Cela ne peut pas toujours être spontané. Il semble paradoxal de prévoir des moments de spontanéité, mais c’est la réalité. Naturellement, on croit que l’on trouvera du temps pour aller courir avec son chien. Mais, si on ne prend pas le temps, on n’en aura pas!

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