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Les gynécologues dénoncent le programme de dépistage prénatal du ministre

Le programme de dépistage prénatal de la trisomie 21 proposé par le ministre de la Santé en 2009 est incomplet, dénonce l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ). Selon ces médecins, l’échographie de datation est essentielle au résultat du test.

L’échographie au premier trimestre de la grossesse (de datation) permet au médecin de déterminer à quel moment la grossesse a débuté. «Actuellement, le dépistage prénatal se fait par une analyse du sang de la mère prélevé à deux moments très précis durant la grossesse, explique le Dr Robert Sabbah, président de l’AOGQ. Or, la fiabilité des résultats est conditionnelle à ces deux prises de sang, d’où l’importance de savoir depuis quand sa grossesse a débuté.»

L’association plaide pour changer la culture médicale. Selon le Dr Sabbah, le dépistage prénatal ne devrait pas seulement être utilisé pour prévenir de la trisomie 21, mais aussi d’autres maladies. «Le gouvernement a fait le choix de la simplicité parce que la personne qui est président sur ce comité est un biochimiste, affirme le Dr Sabbah. Il ne voit pas que l’échographie est si essentielle pour la détection de ces maladies. Pour lui, seulement les prises de sang comptent.»

De plus, ces médecins dénoncent le manque de ressource pour effectuer le programme mis en place par Québec. Pour eux, il est «impératif» que le gouvernement du Québec finance adéquatement la formation des échographistes en dépistage et en diagnostic prénatal.  «Comme pour la procréation médicalement assistée, les ressources pour la mise en place de ce nouveau programme n’y sont tout simplement pas, insiste le président. On a qu’à penser aux équipements, ressources humaines, espaces cliniques et budgets de fonctionnement requis pour offrir le dépistage aux quelque 90 000 femmes enceintes actuellement.»

Le Dr François Audibert, qui a présidé le comité d’évaluation depuis plus d’un an, refuse toutefois de donner des chiffres précis sur le montant qu’il demande au gouvernement. «Ce ne sont pas des montants exorbitants», dit-il, sans plus.

Malgré tout, l’Association est heureuse de l’écoute du ministre sur cette question. «Ce n’est pas suffisant, mais c’est mieux que rien», conclut le Dr Audibert.

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