Conscience ne rime pas toujours avec prudence
Depuis quelques années, on entend davantage parler des effets nocifs du soleil, si bien que les gens sont plus conscients des risques associés au fait de trop s’exposer à ses rayons ou de mal protéger sa peau. Mais conscience ne rime pas nécessairement avec prudence… Grâce à l’information qui circule et aux nombreuses campagnes de sensibilisation, les gens sont plus au courant qu’avant des risques reliés à l’exposition au soleil», confirme le Dr Ari Demirjian, dermatologue et porte-parole de la 23e Semaine nationale de prudence au soleil, qui a eu lieu du 6 au 12 juin. Ce dernier estime qu’environ
80 % de ses patients utilisent régulièrement un écran solaire. «Mais la vraie question est la suivante : les gens en mettent-ils suffisamment ou assez fréquemment? Ça, c’est une autre histoire.»
Le Dr Demirjian estime aussi que les gens sont désormais mieux sensibilisés qu’avant à la détection de certains types de cancer, dont le mélanome, qu’il est possible de déceler en procédant à un auto-examen de la peau. «Environ 70 % des cas de mélanome sont découverts par le patient lui-même. C’est un phénomène qu’on ne voyait pas il y a quelques années seulement, et ça prouve qu’il y a eu une prise de conscience.»
Cette récente sensibilisation est d’autant plus importante que le nombre de cancers de la peau ira probablement en augmentant. En effet, les gens nés dans les années 1990 courent de deux à trois fois plus de risques d’être atteints du cancer de la peau que ceux nés dans les années 1960, ce qui signifie qu’au Canada, une personne sur six née au cours des années 1990 risque de souffrir d’un cancer de la peau à un moment de sa vie.
Devant ce danger grandissant causé par la diminution de la couche d’ozone, il est très positif, selon le Dr Demirjian, que les gens soient plus conscients qu’avant des risques associés à l’exposition aux rayons du soleil. Mais selon lui, du travail reste à faire puisque certains comportements gagneraient à être modifiés.
Prévenir plutôt que guérir
On estime que pas moins de 5 500 Canadiens recevront en 2011 un diagnostic de cancer de la peau et que 950 d’entre eux en mourront. Mais, bien que le cancer de la peau soit la forme la plus répandue de cancer au Canada, il est aussi l’un des seuls cancers qu’il est possible de prévenir en évitant l’exposition excessive aux rayons du soleil et en protégeant sa peau.
Outre cette prévention, il est aussi recommandé de surveiller l’apparition de mélanomes, un type grave de cancer de la peau qui est en hausse, en se fiant à la règle ABCDE. La découverte d’un grain de beauté Asymétrique, aux Bords irréguliers, à la Coloration non homogène, au Diamètre important ou qui est en Évolution, devrait être suivie le plus rapidement possible d’une consultation chez un dermatologue. Si un cancer de la peau est traité dès ses débuts, les chances de survie sont meilleures.
Comportements à risque
- Quantité
Ne pas appliquer suffisamment d’écran solaire ou, encore pire, ne pas en mettre du tout, est un comportement à éviter, et ce, peu importe le type d’activité extérieure prévu. «Les gens pensent qu’ils sont à risque seulement s’ils s’allongent au soleil dans le but de se faire bronzer, explique le Dr Demirjian. En réalité, les rayons UV sont aussi dangereux si on marche ou si on jardine. Dès qu’on est exposé, il faut se protéger.»
Fréquence
D’après certaines études, la majorité des Canadiens n’appliqueraient pas leur écran solaire assez fréquemment. Il est recommandé d’appliquer 30 millilitres de crème (environ deux cuillerées à soupe) toutes les 30 minutes.
Patience
Après la première application d’écran solaire de la journée, 57 % des Canadiens n’attendraient pas la période recommandée de 15 à 20 minutes avant de s’exposer aux rayons. Durant cette période d’attente, la peau n’est pas suffisamment protégée.
(Certaines données sont tirées d’un sondage effectué en 2010 par Neutrogena)