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Plongée dans l'esprit bipolaire

Romina Mcguinness - Metro World News

On connaît l’expression. Elle a fait les gros titres  des journaux (notamment après que quelques célébrités ont annoncé souffrir de cette maladie), et certains de vos amis vous ont peut-être dit qu’ils en sont atteints. Mais qu’est-ce qu’un trouble bipolaire exactement? Et en quoi est-il différent des sautes d’humeur ordinaires?

«Le trouble bipolaire est une accentuation de l’humeur qui va bien au-delà de ce qu’on ressent normalement, explique le psychiatre John Sharp. Ce n’est pas un état d’esprit qui change au jour le jour, mais plutôt de semaine en semaine ou de mois en mois, et qui peut soudainement devenir hors de contrôle.»

Le trouble bipolaire reste pourtant une grande source d’interrogation pour les cher­cheurs qui, jusqu’à main­tenant, ont échoué à comprendre vraiment cette maladie. Elle est généralement héréditaire, et il est fréquent que plusieurs personnes d’une même famille en soient atteintes – c’est la génétique et non l’éducation qui est censée être responsable de cet état causé par un problème dans la zone du cerveau qui régit l’humeur. Le stress, la maladie et le manque de sommeil sont les déclencheurs les plus fréquents des crises.

«Ce qui arrive à une personne souffrant d’un trouble bipolaire dépend du sens dans lequel l’humeur change. Tout s’intensifie, aussi bien l’humeur joyeuse que les idées noires», précise le Dr Sharp. Par exemple, la manie commence là où l’exubérance s’arrête et, dans des cas extrêmes, peut exiger une intervention psychiatrique d’urgence.

Le malade est d’excellente humeur; il est joyeux, voire euphorique. Sa créativité est amplifiée, et son énergie aussi bien que son estime de soi sont décuplées. Son débit est rapide, et il connaît un afflux d’idées qui semble sans fin. Pour lui, le début de cette phase est grisant et crée une dépendance, car il a le sentiment de s’épanouir. Mais rapidement, il perd tout contrôle sur son comportement, qui peut devenir complètement psychotique.

À l’inverse, quand il est déprimé, le malade perd tout intérêt pour les activités normalement plaisantes, dont le fait de manger ou de faire l’amour, ce qui entraîne une perte de poids, de l’épuisement et des problèmes de concentration. Il peut aussi avoir des pensées suicidaires durant cette phase.

Pour soigner le trouble bipolaire, les stabilisateurs de l’humeur, comme le lithium, sont ce qu’il y a de plus efficace. Si quel­qu’un de votre entourage, célèbre ou non, présente les symptômes décrits plus haut, recommandez-lui de consulter un professionnel de la santé.


Docteure bipolaire

La Dre Kay Redfield Jamison, professeure en désordres de l’humeur et en psychiatrie à l’Université Johns Hopkins, est bipolaire depuis son adolescence. Elle a vécu des périodes d’humeur extatique aussi bien que de profondes dépressions, et a tenté de se suicider durant la courte période où elle a arrêté sa médication.

«Vous êtes soit maniaque, soit déprimé, jamais les deux. Durant les bas, la douleur et la souffrance sont indes­crip­tibles, et on vit dans une incertitude constante. Mes hauts étaient perturbants, importuns et angoissants, car j’étais à la fois euphorique et irritable. Mes idées germaient extrê-mement vite, détruisant le cours rationnel de mes pensées. Mes épisodes maniaques pouvaient être exaltants, mais mon énergie psychotique devenait terrifiante, épuisante et incontrôlable.»

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