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La cyberdépendance vous guette-t-elle?

Qui n’a pas déjà passé une soirée à flâner sur l’internet? Mais lorsqu’on passe près de 90 heures sur la toile par semaine pour tuer le temps, cela devient inquiétant.

La cyberdépendance reste très peu documentée. L’étude La cyberdépendance – État des connaissances, manifestations et pistes d’intervention, présentée aujourd’hui par le Centre Dollard-Cormier Institut universitaire sur les dépendances, devrait permettre de mieux comprendre ce phénomène.

On y apprend ainsi qu’à l’instar de plusieurs autres dépendances, le fait de surfer sur l’internet représente d’abord une solution à des problèmes avant de devenir une activité elle-même problématique. Les cyberdépendants (ce qui exclut les joueurs en ligne et les consommateurs compulsifs de sites pornographiques) passent de 70 à 90 heures par semaine sur l’internet.

Ils con­sultent divers sites, notamment Facebook ou Twitter, mais se démarquent surtout par le fait que l’internet produit sur eux un effet hypnotique. «Ils ne font rien [sur le net], ils passent le temps», souligne Louise Nadeau, l’auteure principale de la monographie et professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université de Montréal.

«Ce sont des personnes dont la vie a peu de sens, qui ont peu de motivation», ajoute-t-elle. Ce sont également des gens plutôt introvertis. Et, comme c’est souvent le cas avec les nouvelles dépendances, la plupart des cas répertoriés sont constitués par des hommes.

Une partie des cyberdépendants sont de jeunes adeptes des jeux en ligne, tel World of Warcraft. Ces personnes proviennent souvent de familles déstructurées, et ce n’est pas un hasard, puisque ce type de jeu comporte des règles rigides. «Ils trouvent une forme de structure dans le jeu», explique Mme Nadeau.

À terme, ces personnes finissent par manquer de sommeil, ne mangent plus régulièrement et ne «fonctionnent» plus en société. Le phénomène serait toutefois peu répandu. En quatre ans, les différents centres publics de traitement du Québec ont recensé 100 personnes ayant consulté pour la cyberdépendance, contre 40 000 personnes pour l’alcool, les drogues et le jeu.

Il n’existe pas de centre spécialisé dans le traitement de cette problématique. Mme Nadeau mentionne toutefois les cas de deux cliniciens qui ont obtenu des résultats positifs en recommandant deux cyberdépendants à des centres pour toxicomanes et alcooliques.

Quand l’envie est trop forte

Si dormir et faire l’amour sont les envies les plus fortes éprouvées au cours d’une journée, consulter l’internet est le désir le plus difficile à contrôler et dépasse même celui de fumer une cigarette ou de boire un verre. C’est ce qui est ressorti d’une enquête effectuée auprès de 205 personnes par l’Université de Chicago Booth School of Business, publiée le 2 février dans le journal Psychological Science.

Ainsi, aux États-Unis, Jonathan Parker a été arrêté par la police parce qu’il n’avait pas su contrôler son envie de consulter Facebook. Le jeune Américain de 19 ans n’a pu s’empêcher de se connecter à son compte à même l’ordinateur de la maison qu’il cambriolait. Comme il a oublié de se déconnecter en quittant les lieux, la police l’a retrouvé facilement. annabelle blais

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