L’effet Coupe du Monde
Petite confession: je suis loin d’être un fan de soccer, et encore moins de la Coupe du Monde. Je n’y peux rien, ça m’ennuie. Mais s’il y a bien une chose qui m’impressionne de ce sport, c’est sa capacité à rassembler les foules.
Le soccer reste, après tout, l’un des rares sports à pouvoir rallier autant d’admirateurs de partout sur la planète, toutes générations et toutes communautés confondues.
Même ici à Montréal, où le hockey est notre religion depuis plus d’un siècle, l’effervescence que suscite la Coupe du Monde a de quoi surprendre. Je n’ai même pas à ouvrir l’ordinateur pour connaître les résultats du jour: j’en suis informé pratiquement en temps réel par les cris et les klaxons qui retentissent dans mon quartier, la Petite Italie.
Mais ce qui me fascine le plus avec ce grand rendez-vous international, ce sont tous ces amateurs de foot qui réaménagent l’espace public de façon plus ou moins spontanée afin de vivre leur passion pendant quelques heures.
Il suffit de fouiller un peu la Twittosphère pour dénicher de nombreux aménagements éphémères de sportifs de salon, visiblement prêts à tout pour ne pas manquer les performances de leur équipe nationale. Dans bien des cas, un écran, quelques chaises et une bonne bière suffisent pour animer un quartier. D’autres, par contre, osent un peu plus.
À Seattle (photo ci-dessus), par exemple, de nombreuses familles ont envahi une ruelle étroite du Pioneer Square pour regarder les États-Unis battre le Ghana 2 à 1. Un écran géant a été installé dans la boîte d’un camion de déménagement.
À Berlin, on est allé jusqu’à convertir le stade de soccer d’une équipe locale, le Stadion An der Alten Försterei, en un immense salon à ciel ouvert. Les résidants du secteur étaient ainsi conviés à apporter leur propre sofa (!) pour regarder le match entre amis. Des tables et des lampes de salon ont même été fournies par les organisateurs pour renforcer cette impression de «salon extérieur».
Même jusqu’au fond de l’Amazonie, on ne pouvait se passer de la Coupe du Monde. Imaginez! Quelques résidants d’un village isolé ont installé quelques bancs et un vieux téléviseur à tube cathodique dans une petite hutte de bois pour suivre l’événement à distance.
À chacun sa Coupe du Monde, quoi!