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L'incertitude plane sur le marché immobilier

Acheter ou ne pas acheter? Vendre ou non? En cette période d’incertitude économique, il est difficile de prévoir comment se comportera le marché immobilier.

Bien qu’elle annonce un ra­lentissement économi­que, la Société canadienne d’hypo­thèque et de logement (SCHL) demeure plutôt optimiste. Pas de chute dramatique des prix ou de baisse substantielle du nombre de transactions immobilières, selon elle.

«Il y a de l’incertitude notam­­ment dans le secteur finan­­cier, reconnaît l’écono­mis­te principal de marché de la SCHL, Bertrand Re­cher, mais elle n’a pas d’incidence sur l’économie réel­le. On pré­voit toujours une crois­san­ce de l’emploi, mê­me si elle sera moins importante qu’en 2010. Le PIB du Québec devrait progresser. Le sol­de migratoire est très positif, ce qui alimentera la de­man­de tant sur le marché locatif que sur celui de la propriété.»

L’unique certitude de la SCHL est que les taux d’intérêt devraient être stables. Elle émane surtout de la dé­ci­sion de la Réserve fédérale amé­ricaine de maintenir son taux directeur à 0 % jusqu’en 2013. La Banque du Canada a suivi son exemple en conservant le sien à 1?%, niveau qu’il occupe depuis maintenant un an.

Bien des économistes prévoyaient pourtant que la Ban­que du Canada hausserait son taux directeur ce mois-ci, et ce, de façon substan­tielle, ce qui aurait eu pour effet d’augmenter les paiements des hypothèques à taux variable.

À la suite de la crise de la dette américai­ne et de la débandade des bour­ses qui s’ensuivit, plusieurs économistes sont re­ve­nus sur leur position. Le Mou­vement Desjardins pense que la prochaine haus­se aura lieu seulement en 2013, comme aux États-Unis. D’autres économistes n’écartent toutefois pas la possibilité que ce taux directeur soit révisé à la baisse en décembre.

«Il est possible qu’il y ait une certaine bais­se, a con­venu l’économiste prin­cipal de Recher­che écono­mique RBC, Robert Ho­gue. Il y a beaucoup d’incer­titude actuellement. La don­­née inconnue, c’est la con­­­fiance des consommateurs. Si elle se maintient, il y a peu de risques que le marché s’effondre.»

Le Conference Board du Ca­nada indiquait récemment que l’indice de con­fian­ce des consommateurs a atteint un creux en août en se situant à 74,7 points. Cette morosité toucherait particulièrement le Québec où l’indice a chuté de 12,7 points pour atteindre 67,1 points.

«Si cet indice tarde à ce rétablir en septembre, le mar­­ché de l’habitation pour­rait ralentir un peu plus, a dit l’économiste principale du Mouvement Desjardins, Hé­lè­ne Bégin. Déjà, on sent qu’il y a un ralentissement du secteur résidentiel à Montréal et au Québec.»

L’an passé, 42 302 transactions immobilières se sont con­­clues à Montréal. En se ba­­sant sur les chiffres des pre­­miers mois de l’année, la SCHL prévoit qu’il y aura 40?400 ventes en 2011, ce qui re­présenterait une baisse de 4,5 %. L’Association canadien­ne de l’immeuble a indiqué en août que le nombre de transactions dégringolera de 3,8 %.

Malgré tout, les prix des pro­­priétés montréalaises de­vraient continuer à progres­ser au cours des prochains mois, avance la SCHL. Selon l’agence fédérale, ils auront bondi de 5,3?% au terme de l’année et de 2,9 % en 2012. Le Conference Board croit plutôt que les prix poursuivront leur ascension vertigineuse à Montréal – ils ont augmenté de 150 % depuis 10 ans. Ils devraient subir une hausse de 7 % d’ici la fin de l’année, selon les projections du mois de juillet de l’organisation de recherche.

Quelques mois plus tôt, Capital Economics rapportait toutefois que la valeur des maisons au Canada chuterait d’environ 25 %, mais l’organisation basait cette prévision sur la possibilité que les taux d’intérêt augmentent.

La Banque TD croit aussi que les prix diminueront, mais dans une proportion moins importante, selon une étude qu’elle a publiée au mois d’août. Pour Montréal, la baisse serait d’environ 8 % et elle s’échelonnerait sur environ deux ans à partir de 2012.

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